Introduction
Depuis de longues années, l’idée selon laquelle les enfants et adultes à haut quotient intellectuel (HQI) seraient particulièrement à risque d’échec scolaire ou de troubles psychologiques tourne en boucle dans les médias, un phénomène que nous avons décrit et surnommé « La légende noire des surdoués » (Ramus & Gauvrit, 2017). Dans cet article, nous rappelons tout d’abord les connaissances scientifiques sur l’intelligence et ses corrélats, qui rendent cette idée fort peu plausible. Puis nous détaillons cinq études que nous avons menées pour tester cette hypothèse de la manière la plus directe possible, y compris en France.
Pour commencer, quelques précisions de terminologie. Nous nous plaçons dans le cadre de la définition de l’intelligence la mieux établie scientifiquement, à savoir celle de l’intelligence générale au sens de Spearman (1904), qui s’estime en faisant passer une batterie de tests cognitifs variés, et en extrayant le résultat d’une analyse factorielle confirmatoire à un facteur, ou la première composante d’une analyse en composante principale des scores obtenus dans tous les tests, ou en utilisant une batterie de tests standardisée implémentant cette procédure. Les résultats dans les tests étant positivement corrélés, on obtient un « facteur g » qui explique une part importante de la variance de chacun des tests. Ce facteur, qui a une distribution proche d’une distribution gaussienne sur l’ensemble d’une classe d’âge, est généralement mis à l’échelle pour obtenir un quotient intellectuel (QI) avec une moyenne de 100 et un écart-type de 15.
Sur une telle distribution, les personnes désignées comme étant « à haut QI » (HQI) sont celles dont le QI total est au moins 2 écarts-types au-dessus de la moyenne des personnes de même âge, soit un QI supérieur ou égal à 130. De notre point de vue, les autres appellations que sont les termes « surdoué » ou « haut potentiel intellectuel » sont strictement synonymes. Certains cliniciens n’hésitent pas à proposer des définitions alternatives en ajoutant d’autres critères diagnostics voire en se passant du critère sur le QI, mais ces propositions ne font l’objet d’aucun consensus scientifique.
Pourquoi de telles affirmations sont-elles surprenantes ?
Dès l’origine, les affirmations sur les maux attribués aux HQI ne pouvaient que susciter du scepticisme, tant elles semblaient en conflit avec les connaissances établies. En effet, un siècle de recherches sur l’intelligence générale ont montré que les scores de QI montrent systématiquement des corrélations positives avec la réussite scolaire (Brown et al., 2021; Guez, Panaïotis, et al., 2018), avec la performance dans l’emploi (Schmidt & Hunter, 2004), avec les revenus (Brown et al., 2021), avec la santé (y compris mentale) (Der et al., 2009) et avec l’espérance de vie (Batty et al., 2009). Autrement dit, l’intelligence semble être de manière générale un facteur positif dans la vie des gens, quel que soit l’aspect de la vie considéré.
Dans un tel contexte, pour que la légende noire des surdoués soit vraie, il faudrait que la relation positive entre le QI et ces différentes variables s’inverse lorsque le QI dépasse un certain seuil. Ce n’est évidemment pas impossible, mais cela semble plutôt improbable, et l’affirmer nécessiterait donc un fort niveau de preuve. Pourtant, aucun des auteurs à l’origine de la légende noire n’a apporté de telles preuves.
Néanmoins, mes collaborateurs et moi-même avons souhaité en avoir le cœur net et examiner spécifiquement les relations entre haut QI, réussite scolaire et troubles psychologiques dans 5 études successives, dont nous résumons les résultats ci-dessous.
Haut QI et performance scolaire
Dans une étude basée sur le Panel 2007 de la DEPP (35 000 élèves suivis depuis la 6ème), nous avons examiné la relation entre le QI testé en 6ème et les résultats scolaires ultérieurs (Guez, Peyre, et al., 2018). Nous avons trouvé que les élèves ayant un QI>130 en 6ème avaient le devenir suivant en 3ème et au-delà :
- Note au diplôme national du brevet supérieure de 2,6 points sur 20 aux autres (en moyenne).
- Seulement 1,66% ont une note inférieure à 10 au brevet (contre 15,55% des autres).
- 89,5% continuent en lycée général ou technologique (contre 61,8% des autres).
- 82,9% passent en 1ère en voie générale (contre 63,4%).
La Figure 1 illustre les résultats au diplôme national du brevet. Le diagramme de dispersion permet de constater que la relation positive entre QI et résultats au brevet ne s’inverse pas au-delà du seuil du haut QI.

Haut QI et troubles psychologiques chez l’enfant
Une première étude sur la cohorte Eden a porté sur 1100 élèves de 5-6 ans qui avaient passé à la fois une batterie de tests d’intelligence (WPPSI-III) et une échelle de troubles psychologiques (Strength and difficulties questionnaire, SDQ) qui se subdivise en 5 sous-échelles : symptômes émotionnels, troubles des conduites, hyperactivité/inattention, problèmes relationnels avec les pairs, comportement prosocial (Peyre et al., 2016). Nous n’avons trouvé aucune différence significative entre les enfants à HQI et les enfants à QI normal (entre 70 et 130), quelle que soit la sous-échelle. La Figure 2 illustre les résultats.

Les enfants de la cohorte Eden ont fait l’objet d’une nouvelle campagne de tests et de questionnaires passés sur internet à l’âge de 11-12 ans (N=430). Il s’agissait de 2 tests verbaux (vocabulaire réceptif et compréhension) et de 2 tests non-verbaux (matrices et identification de concepts), qui ont fait l’objet d’analyses factorielles confirmatoires et été mis à l’échelle pour extraire un QI total, un QI verbal et un QI non-verbal. Les questionnaires SDQ et CBCL (Child behavior check-list) ont été remplis par les parents, et le questionnaire MIA (Mental Health and Social Inadaptation Assessment for Adolescents) a été rempli par l’enfant. Nous avons analysé les 4 sous-échelles qui se recoupent à travers les 3 instruments : troubles internalisés, troubles des conduites, difficultés sociales, hyperactivité/inattention.
Outre l’âge plus élevé des enfants et l’utilisation d’instruments d’évaluation des symptômes psychologiques plus variés, l’objet de cette nouvelle étude (Shevchenko et al., 2023) était d’analyser les relations entre scores de QI et symptômes psychologiques sur l’ensemble de la distribution des scores de QI, et d’examiner aussi l’effet des écarts entre indices verbaux et non-verbaux.
Globalement nous n’avons observé aucune corrélation positive entre QI et symptômes psychologiques : toutes les corrélations sont nulles ou négatives (effet protecteur du QI sur les troubles psychologiques). Lorsque l’on regarde plus spécifiquement les hauts QI, on ne détecte aucune augmentation des symptômes, conformément à ce qui avait déjà été observé à 5-6 ans. Les résultats pour le CBCL sont illustrés en Figure 3.

Nos résultats sont cohérents avec ceux d’autres études similaires, notamment :
- une cohorte de 1000 enfants néozélandais, pour qui le haut QI pendant l’enfance a constitué un facteur protecteur contre les troubles mentaux à l’âge adulte (Koenen et al., 2009) ;
- une étude néerlandaise portant sur plus de 2000 enfants de 10-12 ans, qui a rapporté que les symptômes de troubles internalisés, troubles externalisés, troubles d’attention, et hyperactivité/impulsivité diminuaient avec le QI, et étaient au plus bas chez les enfants à haut QI (Rommelse et al., 2017) ;
- une étude belge récente portant sur une population de 3400 adolescents (Lavrijsen & Verschueren, 2023), qui a trouvé que les ados à HQI avaient une meilleure estime de soi, moins de troubles de comportement, moins de symptômes d’hyperactivité/inattention, et pas plus de troubles émotionnels et d’inquiétudes que les ados à QI normal.
Notons enfin que nous n’avons pas non plus trouvé de relation entre l’hétérogénéité des profils de QI (écarts entre indices verbaux et non-verbaux) et les symptômes psychologiques (Ramus, 2023; Shevchenko et al., 2023).
Haut QI et troubles spécifiques de la lecture
Sur la base des données du Panel 2007 de la DEPP, nous avons appliqué les critères diagnostiques du trouble spécifique de la lecture (selon le DSM5 et la CIM-11) chez 25 000 élèves de 6ème et nous en avons calculé la prévalence (Di Folco et al., 2022). Celle-ci varie en fonction de la classification, des critères, et des seuils spécifiques choisis. Néanmoins, elle est systématiquement inférieure chez les élèves à haut QI que chez ceux à QI normal. Par exemple, selon un certain ensemble de critères basés sur la CIM-11, la prévalence du trouble spécifique de la lecture est 3,5% sur l’ensemble de cette population, dont 3,7% chez les élèves avec un QI inférieur à 130 et 0,4% chez les élèves avec un QI supérieur à 130. Le haut QI est donc un facteur protecteur contre les troubles de la lecture.
Ces résultats sont cohérents avec ceux d’une étude portant sur 1400 enfants dyslexiques italiens, dont seuls 0,7% présentaient un HQI, contre 1,9% pour les enfants sans dyslexie (Toffalini et al., 2017).
Haut QI et santé mentale chez l’adulte
Enfin, nous avons conduit une étude sur les participants de UK Biobank, une des plus grandes cohortes biomédicales du monde, composée de 500 000 participants britanniques âgés de 40 à 69 ans. Ces participants ont passé de nombreux tests, répondu à de nombreux questionnaires, et de nombreux diagnostics médicaux sont également disponibles. Nous avons testé l’hypothèse spécifique selon laquelle les personnes à haut QI auraient une prévalence plus élevée de certains troubles mentaux. Il s’agit à notre connaissance de la plus vaste étude du monde sur les HQI (Williams et al., 2023; voir aussi Ramus, 2022).
Nos résultats montrent sans ambiguïté que les personnes à haut QI n’ont pas une plus grande prévalence de troubles mentaux que les personnes à QI moyen. Lorsque des différences sont observées, elles vont dans le sens inverse : les HQI ont notamment une plus faible prévalence de troubles anxieux et de stress post-traumatique, ont une personnalité moins névrotique, et souffrent moins d’isolation sociale. Seules la myopie et les allergies montrent une prévalence légèrement plus élevée chez les HQI. Les résultats sont illustrés en Figure 4.


Pourquoi certains cliniciens y croient-ils tant ?
Dans « La légende noire des surdoués » (Ramus & Gauvrit, 2017), nous avions émis l’hypothèse que la perception de beaucoup de cliniciens (psychologues, psychiatres) sur les caractéristiques des HQI était déformée par un biais d’échantillonnage. En effet, contrairement aux troubles psychologiques et psychiatriques, le HQI n’est pas en soi un motif de consultation. Seules les personnes à HQI qui ont une bonne raison de consulter ou de passer un test le font. Cela inclut les personnes avec troubles cognitifs ou psychologiques. Cela inclut aussi les enfants à HQI qui présentent des problèmes d’adaptation à l’école (mais pas les enfants à HQI qui réussissent très bien scolairement sans inadaptation). Cela peut aussi inclure des adultes qui éprouvent le besoin de passer un test pour diverses raisons. Par conséquent, les cliniciens voient principalement des personnes à HQI qui ont des problèmes à résoudre, et en déduisent que les personnes à HQI ont des problèmes, sans prendre en compte toutes celles qu’elles ne voient jamais.
L’étude belge de Lavrijsen & Verschueren (2023) confirme nos hypothèses. Cette étude a en effet montré que :
- Seuls 20% des jeunes ayant un HQI (d’après les tests passés dans l’étude) avaient auparavant été identifiés comme étant à haut QI. Ce résultat confirme notre hypothèse selon laquelle la plupart des personnes à HQI ne passent pas de tests et ne sont pas labellisées comme telles.
- Contrairement aux résultats observés sur l’ensemble des HQI et mentionnés plus haut, ces HQI déjà identifiés avaient une estime de soi plus faible, plus de troubles émotionnels, et plus de symptômes d’hyperactivité/inattention que les ados à QI normal. Ce résultat confirme notre hypothèse selon laquelle les personnes à HQI qui passent les tests de QI le font pour de bonnes raisons.
Enfin, dans notre dernier article, nous avons effectué une revue systématique de littérature compilant toutes les études publiées examinant les troubles cognitifs et psychologiques chez les personnes à HQI, par comparaison avec la population générale (Shevchenko et al., 2023). En distinguant les études qui étaient basées sur un échantillon de convenance (enfants à HQI recrutés via une consultation clinique, une école spécialisée pour surdoués, ou une association de familles d’enfants HQI, ou encore adultes HQI recrutés via une association les regroupant) de celles qui étaient basées sur une population non présélectionnée (cohortes, études épidémiologiques dont tous les participants ont passé un test de QI), nous avons trouvé que seule la première catégorie d’études rapportaient plus de troubles et difficultés chez les HQI, alors que les études de la deuxième catégorie rapportaient au contraire moins de troubles chez les HQI, ou bien aucune différence (selon les études et les troubles examinés). Ces résultats confirment que le fait de n’étudier que les personnes à HQI recrutées en clinique, en école spécialisée ou via une association spécialisée constitue un biais d’échantillonnage qui conduit à une estimation erronée des caractéristiques des personnes à HQI.
Conclusion
En 2017, sur la base des connaissances acquises sur l’intelligence générale et ses corrélats, il n’y avait déjà aucune bonne raison de croire et de diffuser la légende noire des surdoués. Compte tenu de la persistance de ce mythe notamment dans les médias français, nous avons conduit 5 études examinant les caractéristiques scolaires, cognitives et psychopathologiques des enfants et des adultes à haut QI. Nos résultats sont concordants entre eux et avec le reste de la littérature scientifique pour montrer que les personnes à haut QI réussissent beaucoup mieux que les autres scolairement, n’ont pas plus de troubles cognitifs et psychologiques, et souvent moins.
Malgré tout, aussi favorisées que soient les personnes à haut QI, elles ne sont pas vaccinées contre les maladies, les troubles psychologiques, les échecs et les accidents de la vie. Celles qui sont en difficulté existent, et méritent bien entendu toute l’attention et le soutien des professionnels, au même titre que le reste de la population, quel que soit le QI. Leur apporter l’aide dont elles ont besoin ne nécessite pas de continuer à propager des idées fausses.
Références
Batty, G., Wennerstad, K., Smith, G., Gunnell, D., Deary, I., Tynelius, P., & Rasmussen, F. (2009). IQ in Early Adulthood and Mortality By Middle Age: Cohort Study of 1 Million Swedish Men. Epidemiology, 20(1), 100–109. https://doi.org/10.1097/EDE.0b013e31818ba076
Brown, M. I., Wai, J., & Chabris, C. F. (2021). Can You Ever Be Too Smart for Your Own Good? Comparing Linear and Nonlinear Effects of Cognitive Ability on Life Outcomes. Perspectives on Psychological Science, 1745691620964122. https://doi.org/10.1177/1745691620964122
Der, G., Batty, G. D., & Deary, I. J. (2009). The association between IQ in adolescence and a range of health outcomes at 40 in the 1979 US National Longitudinal Study of Youth. Intelligence, 37(6), 573–580. https://doi.org/10.1016/j.intell.2008.12.002
Di Folco, C., Guez, A., Peyre, H., & Ramus, F. (2022). Epidemiology of reading disability: A comparison of DSM-5 and ICD-11 criteria. Scientific Studies of Reading, 26(4), 337–355. https://doi.org/10.1080/10888438.2021.1998067
Guez, A., Panaïotis, T., Peyre, H., & Ramus, F. (2018). Predictors of the IQ-achievement gap in France: A longitudinal analysis. Intelligence, 69, 104–116. https://doi.org/10.1016/j.intell.2018.05.008
Guez, A., Peyre, H., Le Cam, M., Gauvrit, N., & Ramus, F. (2018). Are high-IQ students more at risk of school failure? Intelligence, 71, 32–40. https://doi.org/10.1016/j.intell.2018.09.003
Koenen, K. C., Moffitt, T. E., Roberts, A. L., Martin, L. T., Kubzansky, L., Harrington, H., Poulton, R., & Caspi, A. (2009). Childhood IQ and Adult Mental Disorders: A Test of the Cognitive Reserve Hypothesis. American Journal of Psychiatry, 166(1), 50–57. https://doi.org/10.1176/appi.ajp.2008.08030343
Lavrijsen, J., & Verschueren, K. (2023). High Cognitive Ability and Mental Health: Findings from a Large Community Sample of Adolescents. Journal of Intelligence, 11(2), Article 2. https://doi.org/10.3390/jintelligence11020038
Peyre, H., Ramus, F., Melchior, M., Forhan, A., Heude, B., & Gauvrit, N. (2016). Emotional, behavioral and social difficulties among high-IQ children during the preschool period: Results of the EDEN mother-child cohort. Personality and Individual Differences, 94, 366–371.
Ramus, F. (2022, December 28). Le haut QI est-il un facteur de risque pour les troubles mentaux ? Ramus Méninges. https://ramus-meninges.fr/2022/12/28/haut-qi-troubles-mentaux-2/
Ramus, F. (2023, April 17). Les QI hétérogènes sont-ils un facteur de risque de psychopathologie ? Ramus Méninges. https://ramus-meninges.fr/2023/04/17/qi_heterogenes/
Ramus, F., & Gauvrit, N. (2017). La légende noire des surdoués. La Recherche, Mars 2017. https://ramus-meninges.fr/2017/02/03/la-pseudoscience-des-surdoues-2/
Rommelse, N., Antshel, K., Smeets, S., Greven, C., Hoogeveen, L., Faraone, S. V., & Hartman, C. A. (2017). High intelligence and the risk of ADHD and other psychopathology. British Journal of Psychiatry, 211(6), 359–364. https://doi.org/10.1192/bjp.bp.116.184382
Schmidt, F. L., & Hunter, J. (2004). General Mental Ability in the World of Work: Occupational Attainment and Job Performance. Journal of Personality and Social Psychology, 86(1), 162–173. https://doi.org/10.1037/0022-3514.86.1.162
Shevchenko, V., Labouret, G., Guez, A., Côté, S., Heude, B., Peyre, H., & Ramus, F. (2023). Relations between intelligence index score discrepancies and psychopathology symptoms in the EDEN mother-child birth cohort. Intelligence, 98, 101753. https://doi.org/10.1016/j.intell.2023.101753
Spearman, C. (1904). General intelligence, objectively determined and measured. American Journal of Psychology, 15, 201–293.
Toffalini, E., Pezzuti, L., & Cornoldi, C. (2017). Einstein and dyslexia: Is giftedness more frequent in children with a specific learning disorder than in typically developing children? Intelligence, 62, 175–179. https://doi.org/10.1016/j.intell.2017.04.006
Williams, C. M., Peyre, H., Labouret, G., Fassaya, J., Guzmán García, A., Gauvrit, N., & Ramus, F. (2023). High intelligence is not associated with a greater propensity for mental health disorders. European Psychiatry, 66(1), e3. https://doi.org/10.1192/j.eurpsy.2022.2343
Je ne trouve pas que ça réponde à la problématique.
Connaissant un peu la question, je ne sache pas que quiconque conteste que les « surdoués » réussissent en moyenne mieux que les autres.
La théorie des surdoués en souffrance à l’école dit que de nombreux surdoués, de mémoire il est parfois dit un tiers, se trouvent en échec scolaire.
Pour infirmer cette proposition, il faudrait commencer par montrer qu’il n’y a pas plus de surdoués que de non-surdoués qui sont en échec scolaire. C’est ceux qui sont en échec qu’il faut observer, pas ceux qui réussissent.
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Si la proposition est « de nombreux surdoués se trouvent en échec scolaire », alors le test est d’évaluer la proportion de surdoués qui sont en échec scolaire. C’est exactement ce que nous avons fait dans la première étude citée Guez et al. (2018).
Partir des élèves en échec et calculer la proportion de surdoués, ça testerait la proposition « les surdoués sont surreprésentés parmi les élèves en échec ».
Notez que si c’est ça la question d’intérêt, on peut aussi trouver la réponse à partir de nos données. Je vous laisse faire le calcul à partir des élèves qui ont moins de 10 au brevet.
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« La théorie des surdoués en souffrance à l’école dit que de nombreux surdoués, de mémoire il est parfois dit un tiers, se trouvent en échec scolaire. »
Mais bien sûr.
Je suis « en échec scolaire » dans mes dossiers psychiatriques. Et normalien, agrégé, ancien étudiant à l’X.
Expliquez-moi l’échec scolaire.
J’attends.
Cela fait plus de 20 ans qu’on me fait chier avec cette histoire.
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Bonjour,
Très intéressant.
J’ai deux questions cependant :
– évaluez-vous la proportion de HPI à 2,5% de la population, ou pensez-vous que ce pourcentage est sous-estimé, en l’absence de test systématique de QI ?
– votre étude évoque les troubles psychiques qui sont à distinguer je pense de l’ennui en classe et de ses conséquences (rêveries ou agitation, qui ne sont pas toujours de l’ordre d’un TDAH)… je note tout de même que les enfants sont souvent testés pour cette raison, et, parfois, pour justifier/motiver un saut de classe (qui me semble moins courant qu’il y a 20 ou 30 ans, au vu des quelques stats que j’ai pu trouver). Dire que les enfants HPI s’en sortent très bien, c’est une chose, dire qu’il faut à tout prix les laisser dans leur classe d’âge à l’école car ils ont de vraies capacités d’adaptation, sauf souci psy associé, c’est autre chose… surtout au regard de l’hétérogénéité des classes… et c’est un peu la conclusion que certains veulent tirer de votre étude. Qu’en pensez-vous?
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1ère question: si la distribution des scores est gaussienne, les HQI sont par définition 2,2% de la population. En réalité, il semble que les distributions observées dans des populations représentatives ne soient pas tout à fait gaussiennes mais aient des queues plus longues, ce qui augmenterait le nombre de HQI à 3-4%.
Par ailleurs, dans chaque étude particulière, ce pourcentage peut varier en fonction de l’échantillonnage de la population ou d’autres raisons. Par exemple, dans notre étude sur le panel 2007 de la DEPP, nous en avions moins que prévu parce que le test utilisé plafonnait un peu. A contrario, dans UK Biobank nous en avions plus que prévu parce que c’est une population qui est plus éduquée que la moyenne.
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2ème question: certains enfants à HQI sont juste les premiers de la classe et sont très heureux comme ça. D’autres sont très au-dessus du niveau de la classe et s’ennuient. Pour ces derniers, bien sûr, il faut trouver des solutions, et le saut de classe peut en être une.
Effectivement il semble y avoir moins de sauts de classe que par le passé, et c’est peut-être une erreur. En tous cas, aucun de nos résultats ne suggère qu’il faudrait priver les enfants très en avance et qui s’ennuient d’un saut de classe. Il faut évaluer la situation au cas par cas et chercher à chaque fois la meilleure solution.
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Je vous remercie pour vos deux reponses très complètes.
Je pense malheureusement que la « mode » HPI a fait beaucoup de mal, et que les clichés ont la vie dure. On oscille, s’agissant de l’éducation nationale et des échanges avec les parents, entre les fameuses légendes que vous dénoncez (imputer des problèmes de comportement au haut potentiel, à tort) et, à l’extrême inverse, une espèce de déni des différences de niveaux entre élèves. Dans des classes de 30 élèves, dont certains auraient pu bénéficier (je sais que ce mot peut faire polémique) d’un redoublement il y a 10 ans, comprenant des élèves maîtrisant parfois très mal la langue française… un petit HPI peut vite s’ennuyer et s’agacer de devoir attendre les autres…. sans être un génie pour autant. J’aurais aimé qu’une étude sur la prise en charge éducative des HPI (saut de classe, enrichissement ou absence de différenciation, scolarisation en établissement public/privé, en milieu favorisé ou non) et sur l’impact sur leur reussite scolaire/professionnelle et leur bien-être, puisse voir le jour.
Merci de vos réponses en tout cas.
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« Pour ces derniers, bien sûr, il faut trouver des solutions, et le saut de classe peut en être une. »
Pas forcément. J’étais premier ou second de la classe tout en étant branleur de premiere.
Le saut de classe n’a rien changé à cela. Je n’y ai vu absolument aucun intérêt.
De plus, nous n’avons pas à subir des oukases psychiatriques quant à notre saut de classe éventuel.
La medecine, c’est censée être pour les gens qui souffrent. Ce n’est pas son rôle que de soigner les pseudo-bobos des parents de « surdoués » sur le dos de leurs gosses.
En sommes: occupez-vous de vos fesses et lâchez les nôtres. Et n’instrumentalisez pas les autistes et les gens qui souffrent pour régler vos querelles avec la Gôchiste Education Nationale. (Puisque, essentiellement, toute cette histoire sur les surdoués est une querelles d’essence po-li-ti-que; et ce, sur le dos des gosses et des tarés.)
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Bonjour et merci pour cet article passionnant !
La raison souvent invoquée contre le saut de classe est la moindre maturité de l’élève HQI par rapport aux élèves de la classe supérieure. Le fait d’être HQI ne va-t-il pas de pair avec une « maturité » supérieure aux jeunes du même âge ? J’ai conscience que le degré de maturité est difficilement mesurable, mais je pose tout de même la question ds la mesure où c’est un argument fréquemment avancé.
Je précise que j’ai moi même été testée en maternelle et qu’on m’a fait sauté la grande section. Je pense que cela a été salutaire et extrêmement positif, et aucun décalage de maturité n’a été ressenti, d’autant plus que j’ai grandi avec des enfants d’un an de plus que moi dès la classe de CP…
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Bonjour, j’ai bien apprécié la lecture de ce billet.
Moi, je n’ai pas passé d’évaluation concernant mon quotient intellectuel. En consultant les groupes dédiés aux HQI, j’avais l’impression d’être trop heureux pour être HQI, car de mon avis les publications sont plus négatives que positives.
Je suis heureux de prendre connaissance que ceux qui vont bien seraient plus à voguer à leurs occupations qu’à produire des publications à contenu négatif dans les différents groupes Facebook.
Ce n’est pas un problème existentiel pour moi de l’être ou pas. Je me suis beaucoup amélioré avec les années dans mes capacités, ce qui va à l’encontre de ce que j’ai lu sur le sujet en général, il semblerait que le Q.I ne s’améliore pas, sauf que moi, j’ai toujours eu l’impression d’avoir des inhibitions intellectuelles qui me bloquait mes facultés.
Évidemment, je n’ai pas réussi à l’école dans mon jeune temps, mais présentement, j’effectue un retour aux études depuis 3 mois et c’est tout le contraire qui s’opère, les enseignants disent que mon travail évolue très bien et ils m’ont fait sauter deux classes en français, vraiment j’ai été très étonné…
Je veux maîtriser la méthode scientifique pour publier mes articles dans des revues à comité de lecture… Pour l’instant, je n’ai aucune idée de ce qu’il en retourne dans ce domaine.
J’ai des particularités avec les autistes asperger et les hauts potentiels, mais bon je ne me prétends pas l’être par respect pour ceux qui l’ont passé ce test, car au Québec c’est assez dispendieux de se faire évaluer dans deux particularités.
Bonne journée…
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Cet article (par ailleurs salutaire) fait l’impasse sur deux raisons essentielles pour lesquelles cette légende s’est développée en France bien plus qu’ailleurs:
1) La mainmise de la psychanalyse sur la psychiatrie française, et le sous-diagnostic de l’autisme et surtout du tdah. Le discours sur le surdon présente l’avantage de ne pas être culpabilisant, et d’offrir un espoir au désarroi parental. Ce n’est pas un hasard si la description du surdon (bien que volontairement vague) contient de nombreux traits tdah. Il serait très intéressant de mesurer la prévalence du tdah chez les surdoués testés (je pense même qu’un dépistage systématique s’impose). Notons que le QI élevé retarde souvent le diagnostic TDAH (parce que bien souvent, ce sont les mauvais résultats scolaires qui conduisent au diagnostic), et que le TDAH est encore en France massivement sous-diagnostiqué..
2) La longueur des journées scolaires, qui amplifie l’ennui scolaire, dans un contexte où les contenus scolaires ne cessent de décroître. Notons que faire valoir la « souffrance » de l’enfant est souvent le seul moyen d’obtenir un saut de classe auprès de l’éducation nationale.
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Je plussoie.
L’article montre que ce sont des HPI qui ressentent le soin d’un diagnostic qui sont surreprésentés dans la vision à la mode. Il serait intéressant de voir combien des HPI qui ont ressenti ce besoin sont aussi concernés par le TDA avec ou sans H, ainsi que par le syndrome d’Asperger, sous-diagnostiqué chez les femmes notamment.
Le cloisonnement des spécialités n’aide pas: la psy qui m’a fait passer les tests HPI ne m’a pas parlé du TDA, le psychiatre qui m’a diagnostiqué TDA ne m’a pas parlé d’autisme de haut niveau, j’entame une troisième démarche diagnostique, tout cela s’étalant sur 6 ou 7 ans.
Votre réponse m’interpelle donc particulièrement: aurais-je ressenti le besoin de l’évaluation HP sans la présence des autres neuro-atypismes?
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Je me permets de poser la question à Franck pour lever une ambiguïté en vous lisant « Sophie » :
HPI et HQI est ce la même chose ou ce sont 2 concepts différents ?
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HQI on sait de quoi on parle: haut quotient intellectuel, avec le seuil à 130 étant le seuil conventionnel.
Haut potentiel intellectuel: le terme est moins factuel, il fait référence au devenir attendu d’une personne à haut QI. Comme c’est une hypothèse sur l’avenir plutôt qu’une description, je préfère utiliser HQI à HPI. Mais pour moi et beaucoup de gens, c’est strictement synonyme (et synonyme aussi avec surdoué).
Après certains psychologues utilisent HPI dans un sens différant, en inventant des critères alternatifs, en ajoutant des critères à celui du QI (par exemple sur la personnalité ou l’hypersensibilité), et aussi parfois en relâchant les critères sur le QI. Mais ces usages ne font aucun consensus.
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Famille d’HPI . THQI >145 . Nous avons eu les mêmes (symptômes ) ressentis pendant l’école d’être incompris. Une émotivité très sensible. Je n’ai pas été accompagné et j’ai souffert durant toutes mes années scolaires de ce décalage. L’école ne m’était pas adaptée.
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Merci pour votre témoignage. Comme tout témoignage, il est à prendre pour ce qu’il est: un témoignage individuel, tout à fait respectable, mais pas une généralité.
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Bien sûr beaucoup de personnes qui consultent le font parce qu’elles ont un vrai trouble. Cela dit, il peut aussi y avoir des personnes HPI sans aucun trouble ni problème qui souhaitent juste faire un test et obtenir un score juste par curiosité ou pour valider leur propre sentiment d’être plus intelligentes que les autres. Mais elles doivent être une minorité, comme le suggère l’étude belge citée ci-dessus.
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Pour répondre à Tom, j’englobe sous le terme HPI le HQI.
Pour moi d’ailleurs le HPI ne se résume par au HQI: je détecte intuitivement le haut potentiel et j’ai orienté de nombreuses fois des personnes qui se sont avérées être HQI, à partir d’un faisceau d’indices. Or, je ne suis pas psy et ne fait pas passer de tests. Je perçois un ensemble impressionniste qui comprend des attitudes, qualités, névroses ordinaires que l’on retrouverait également chez des non HPI, mais qui, rassemblés et ajoutés à une certaine façon de raisonner (la fameuse « arborescence », qui ne recouvre peut-être pas une réalité neurologique, mais que, par effet miroir, ou par résonance, je reconnais chez l’autre), forment un tableau éloquent.
Alors bien sûr, il est possible que je reconnaisse surtout les HPI qui me ressemblent. J’ai également soupçonné des TDA qui ont ensuite été diagnostiqués et je repère pour partie l’autisme Asperger chez les femmes où il est tout sauf évident à mettre en lumière.
La seule fois ou le HQI n’a pas été confirmé dans le sens où le test était juste en dessous des 130, la personne s’est avérée avoir un TDA extrêmement actif non pris en charge + bordeline et peut-être bipolarité, qui ont pu altérer le score.
En outre, pour beaucoup de HPI, le score HQI serait hétérogène (il l’est pour moi) ce qui le rendrait invalide si l’on se réfère strictement au HQI.
Je n’ai pas de doute sur mon appartenance à ce groupe en dépit du score hétérogène, et me suis retrouvée grandement dans les phases I à IV de la théorie de la désintégration positive de Dabrowski.
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Pour ce que j’en sais, un profil de QI hétérogène n’invalide généralement pas le score total. Il faudrait vraiment que l’hétérogénéité soit telle qu’elle laisse supposer que le test n’a pas été correctement réalisé. De manière générale, il est important que la personne qui fait passer le test soit attentive à l’état du sujet, en bref que les résultats soient interprétés à la lumière des conditions de passation aussi, pas seulement en fonction des réponses aux items.
Je ne sais pas quels seraient les seuils « d’invalidation », mais si le QI total est supérieur à 130, il y a peu de chance d’avoir 1 sous-score hyper-performant et 3 autres absolument médiocres.
Pour ce qui est de reconnaître des HQI, il y a certainement des traits qu’on reconnaît chez qu’un qui a un finctionnement cognitif similaire au nôtre. Mais dans quel mesure reconnaissons-nous les HQI qui ont des personnalités et des expériences assez différentes des nôtres? Est-ce que cette reconnaissance est aussi bonne lorsque l’écart de QI est grand (repérer « un » 150 quand on a soi-même 130 ou inversément)? Il faudrait le mesurer de manière systématique pour répondre au-delà de l’impression personnelle.
Si des études ont éte menées sur la reconnaissance des surdoués entre eux (ou la capacité générale des gens à évaluer le QI des autres), ça m’intéresse!
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« Aurais-je ressenti le besoin de l’évaluation HP sans la présence des autres neuro-atypismes? »
Dans certains cas, le besoin d’évaluation d’un éventuel HQI, peut aussi répondre à un simple problème de confiance en soi.
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Merci pour cette article, c’est très clair.
Cependant, j’ai plusieurs questions en suspens et je ne sais pas si c’est étudié en tant que tel.
En ce qui concerne les personnes qui ont un haut QI qui souffrent et qui ont besoin d’une prise en charge. Est ce que c’est une donnée qui joue sur la prise en charge ?
Est-ce que leurs capacités cognitives
plus performantes permettent un rétablissement plus rapide ou une meilleure compensation (comme je l’ai entendu tant de fois?)
Est ce que le haut QI permet réellement une meilleure adaptation à gérer les échecs et traumatismes ?
Désolée pour la liste de questions mais ce sont des affirmations qui reviennent souvent de la part des professionnels de santé
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La question que vous posez est très difficile, parce qu’on n’a pas accès au contrefactuel: quel serait l’état de la même personne si elle avait un QI un peu plus faible toutes choses égales par ailleurs? Ne pouvant faire un essai randomisé contrôlé, impossible d’y répondre définitivement.
Les données observationnelles montrant une corrélation négative entre QI et anxiété suggèrent juste que l’intelligence joue un rôle protecteur, et donc probablement permet aussi une meilleure adaptation face aux échecs et traumatismes. Le contraire serait très étonnant. Et il me semble que ça concorde avec ce que disent beaucoup de cliniciens qui voient des personnes avec troubles psychologiques à tous les niveaux de QI.
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Bonjour,
Merci pour cet article intéressant.
Une question que je me pose souvent : quelle est la fiabilité et la pertinence de ces tests qi dans ces études pour quantifier l’intelligence d’un enfant ?
Est-ce que le milieu social et culturel de l’enfant est bien pris en compte ?
Par exemple j’ai lu que les enfants des quartiers défavorisés et populaires seraient défavorisées dans ce type de tests de qi par rapport à des enfants favorisés à cause des inégalités éducatives, culturelles et sociales qui apparaissent très tôt, l’enfant défavorisé étant moins bien outillé culturellement et éducativement pour réussir les tests de qi ? Est-ce que c’est juste ce que j’avance ?
Et si oui est-ce que ces tests intègrent cet éventuel biais social ?
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Non, le milieu social n’est pas pris en compte au sein d’un même pays. Les normes sont faites sur une population représentative de chaque pays.
Un test de QI n’est pas censé révéler un potentiel inné indépendant de toute influence environnementale (même si certains l’interprètent abusivement de cette manière). Il mesure juste un niveau d’intelligence générale à un moment donné. Cette intelligence est influencée à la fois par des facteurs génétiques et par des facteurs environnementaux, y compris sociaux et familiaux.
Du coup, on observe bien sûr une corrélation entre niveau socio-économique des parents et QI de l’enfant (environ R=0.3). Ce n’est pas un biais. C’est le reflet de tout un ensemble de facteurs qui influencent le développement cognitif.
Pour en savoir plus: https://ramus-meninges.fr/2020/05/20/infos-et-intox-sur-lintelligence-2/
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Merci pour le lien qui renvoie vers vos vidéos que je n’avais pas vu.
Ca m’a permis de mieux comprendre de quoi on parle quand vous parlez de tests de QI avec ce rappel du cadre expérimental dans lequel ce test doit être réalisé et l’objectif du test du QI (qui était prévu initialement par son créateur pour prédire le risque d’échec scolaire d’un enfant).
Les choses me paraissent plus claires maintenant sur le sujet.
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Merci pour cet article et tous vos travaux et publications que je suis. Par contre, étant psychologue ED, si vous aviez un truc pour le faire entendre aux parents, collègues et même hiérarchie je suis preneuse! La lecture de vos articles envoyés est souvent boudée et/ou réfutée….dur dur
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Bonjour M. Ramus,
Je m’écarte un peu du présent sujet mais je me permets de poser la question malgré tout. A t-on des nouvelles de la tendance observée il y a quelques années déjà (et qui avait copieusement défrayé la chronique) concernant le tassement, voire la décrue selon certaines interprétations, du Q.I moyen observé chez les occidentaux? Y a t-il eu , depuis, de nouvelles études venant confirmer ou infirmer ce constat?
Merci.
LG
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Eh non! ça ne baisse toujours pas:
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0160289623000314
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Effectivement.
Merci pour le lien.
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Bonjour,
Merci pour la mise au point. Quelques questions :
Concernant la prise en charge en classe : y-a-t-il une raison de réfléchir à l’accompagnement des HQI en particulier ?
Sur la question de l’ennui, on traite l’ennui pas l’ennui spécifique du HQI ?
Pour le saut de classe, on fait un bilan global incluant un test de QI pour évaluer la pertinence de ce saut de classe, mais le HQI est-il une condition indispensable au saut de classe ?
Merci
MA
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L’ennui à l’école est un vaste sujet qui concerne beaucoup d’élèves, ce n’est pas propre aux HQI! Bien sûr améliorer l’enseignement pour qu’il soit moins ennuyeux est un vrai enjeu, mais qui dépasse le sujet présent.
Pour les HQI, le problème qui mérite résolution, ce n’est pas l’ennui banal, mais un décalage très important entre le niveau de l’élève et de la classe, qui peut induire chez l’élève des symptômes problématiques comme trouble du comportement, dépression, isolement par rapport aux autres élèves, phobie scolaire, etc. Il y a différentes solutions possibles, à commencer par une pédagogie un peu différenciée pour donner à l’élève des activités plus stimulantes. Ça suffira pour certains, pas pour tous. Et bien sûr le saut de classe est aussi une bonne solution si l’enrichissement ne suffit pas.
Le HQI n’est en principe une condition ni nécessaire ni suffisante du saut de classe. Mais il est normal de vouloir vérifier que l’élève a suffisamment de ressources intellectuelles pour suivre dans le niveau supérieur, donc en pratique certains psychologues ou enseignants peuvent le considérer comme une condition nécessaire.
L’éducation nationale a un site et un vade-mecum pour l’accompagnement des EHP, qui est pas trop mal fait (certains ont beaucoup œuvré pour en expurger tous les éléments pathologisants que d’autres voulaient y mettre!):
https://eduscol.education.fr/1188/ressources-pour-la-personnalisation-des-parcours-des-eleves-haut-potentiel
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Bonsoir,
Je suis avec attention depuis plusieurs années toutes vos recherches et travaux menés et publiés au sujet du HPI.
Je rédige actuellement un mémoire de recherche de Master 2 en Sciences de l’Education sur les pratiques d’enseignement qui pourraient être utilisables et acceptables par les enseignants de collège ordinaire (en France).
J’ai déjà lu de nombreux articles présentant des mesures, adaptations et pratiques pédagogiques et d’enseignement qui sont préconisées pour les élèves à HPI, mais je recherche des articles scientifiques relatant des pratiques qui auraient été mises en œuvre et qui auraient fait leur preuve auprès d’élèves à HPI du second degré (collège de préférence). Je m’intéresse ici aux pratiques autres que les décloisonnements, sauts de classe et accélérations scolaires, qui je sais ont fait leur preuve.
Je cherche des pratiques d’enseignement qui ont été testées et approuvées et utilisables dans le cadre de l’inclusion scolaire en milieu ordinaire.
Auriez-vous des articles à me conseiller à ce sujet?
Je vous remercie.
Je me tiens à votre disposition pour toute information complémentaire.
Bien cordialement.
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Ce n’est pas ma spécialité, je vous renvoie à l’article de Nicolas Gauvrit, dernière section.
Le sujet est bien couvert dans le livre de référence « Psychologie du haut potentiel« .
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Bonjour,
Merci pour votre retour.
J’ai lu avec attention cet ouvrage, qui sert de référence majeure dans mon mémoire de recherche. Toutefois, si différentes mesures, adaptations et pratiques d’enseignement y sont présentées, il n’est nullement fait mention d’études concernant leur mise en œuvre auprès des élèves et si tel avait été le cas de leur efficacité.
Je vais prendre contact avec Nicolas GAUVRIT. Je vous remercie.
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Bonjour,
C’est très intéressant et définitif.
Le graphe de correlation de hqi et résultats scolaires ne va pas au delà de 140 de qi, c’est voulu ou est-ce la nature du test ?
Globalement, que se passe t-il au delà de deux écarts-type.
Y a t-il un effet génerationnel ? Les enfants étiquetés « surdoués » à l’école dans les années 80 ont ils pu être victimes de plus de harcèlement, en réponse à une différence identifiable ? (Nous savons combien la différence est bien acceptée en milieu scolaire).
A l’inverse est-ce que la recherche en pyschologie du hqi a apporté au fil du temps une meilleure prise en compte des forces et faiblesses spécifiques de cette population pour l’apprentissage ? Ou est-ce linéaire dans le temps ?
Quel est l’impact du milieu familial ? i.e., quelles caractéristiques des qi intra-familiaux entre les familles de hqi sans troubles, et celles des hpi en souffrance ? En d’autres termes quelles sont les conséquences de niveau de qi des parents (et des instituteurs selon les pays et pratiques éducatives) sur la prise en charge et par conséquent le devenir des hqi ?
Puique bon nombre de détections ont été réalisées suite à des troubles scolaires d’apparéce psychique, et sans être liées à un diagnostic de troubles psychiques adjacents, comment penser que le hqi n’ait pas été longtemps confondu, pour ce que vous appelez sa part « noire », avec des troubles psychiques ? Si les hqi peuvent dans certaines circonstances être confondus, par ignorance, avec des troubles psychiques, quelles conséquences pour le devenir ?
Ne serait-il pas envisageable en hypothèse qu’existent (au moins ) deux types de hqi sans troubles psychiques ? Le hqi « majoritaire » dont la neurologie est adaptée au travail scolaire (le « linéaire »), et le hqi minoritaire, inadapté scolairement (le « non linéaire ») et sujet à des troubles qui n’en sont que la conséquence ?
Ou doit on considérer par défaut un seul type de hqi ?
Bien cordialement
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Le graphique reflète les limites du test d’intelligence non-verbale utilisé par la DEPP dans cette étude: la distribution n’est pas gaussienne, les scores les plus élevés plafonnent légèrement. Du coup on n’a pas la résolution pour bien différencier les scores dans les top 2%. Mais les top 2% qui auraient des QI>140 dans d’autres tests sont bien sur ce graphique, ils ont juste des scores un peu sous-estimés. Ca ne change rien à la conclusion. La relation entre QI et résultats aux brevet serait encore plus évidente et linéaire si la distribution était parfaitement gaussienne.
Je ne suis pas sûr de comprendre toutes vos autres questions, ni d’avoir des éléments pour les autres.
Chaque individu est unique, y compris chaque individu avec HQI. Certains ont des problèmes d’adaptation, et on peut en faire une catégorie à part si on veut. Il faut juste garder à l’esprit que c’est nous qui créons les catégories, elles n’existent pas dans la nature.
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Bonjour,
Merci de ce retour sur les éléments de score.
Pour clarifier, en effet ces questions sont nourries par l’idée qu’il n’est pas exclu que les différences d’adaptabilité entre les hqi, ne soient pas dûes à des facteurs pathologiques (j’insiste sur ce point). La plupart des hqi ne vont pas mal, mais on peut aller mal à cause d’un hqi, et seulement à cause de cela.
Je ne crois pas plus que vous aux légendes, et j’ai observé de mes yeux :
a) les difficultés de certains hqi, avant détection, en milieu scolaire, dans des familles lambda,
b) l’incompréhension de l’environnement adulte (parents comme enseignants), l’enfant est vu comme « épuisant », « stupide », voire »fou », « autiste » (n’entend pas qu’on lui parle quand il lit) etc. et « devrait consulter ».
c) post-détection : l’efficacité indiscutable de certaines méthodes proposées par la « légende noire » heureusement conseillées par des psychiatres et pédopsychiatres diplômés. Ouvrages de sorciers, mais qui éduquent des parents et des enseignants et qui sauvent des gamins tous les jours.
En somme j’observe, avec beaucoup d’autres, que certains enfants hqi souffrent d’inadaptation au milieu scolaire, sans autre pathologie ou accident de vie.
Cela se produit souvent à des stades définis de la scolarité : l’ennui en primaire, ensuite au collège, puis au lycée, quand il s’agit d’apprendre des méthodes de travail que la plupart des autres enfants assimilent rapidement.
Les écoles spécialisées sont remplies de ce type de profils hqi « inexistants », qui décrivent pourtant souvent le même harcèlement, l’inadaptation au format scolaire en classe, et autres formes de souffrances. Problèmes levés dès l’emploi de méthodes adaptées; que ce soit dans ces écoles ou par une scolarisation à la maison.
Il pourrait être sage de réellement prendre en compte ces deux (?) réalités observables, et de continuer à reconnaitre la souffrance « hqi intrinsèque » de ces enfants, certes minoritaires, plutôt que de l’attribuer comme souvent aux parents ou à d’hypothétiques accidents de la vie, parce que d’autres ne souffrent pas.
Et d’analyser ces facteurs avant de valider et de légitimer définitivement la qualité de la sélection scolaire actuelle. Une conclusion qui serait évidemment tentante et évidemment biaisée pour quiconque est sorti gagnant de cette sélection.
Il y a d’autres pistes : imagination, sensibilité, rejet par les autres enfants ou pas…
Pour mémoire il y a quelques années (quelques mois ?) certain(e)s expliquaient que le qi ne mesurait rien d’autre que le niveau social des parents, en somme qu’il n’existait pas dans la nature… jusqu’à ce que l’imagerie médicale vienne confirmer une différence physique, neuronale, prédictible par des tests de qi. (Cerebral Cortex, vol.32 issue 11, juin 2022, univ. Amsterdam).
Juste un avis.
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Bonjour,
Suite à notre petite conversation de ce jour à Genève avant votre conférence au Intelligence Day, je vous envoie les références concernant la difficulté dans le monde professionnel à avoir des relations hiérarchiques avec des personnes ayant une différence de QI de plus de deux écarts types.
Ces documents sont plus sourcés que je ne l’ai laissé entendre.
Sandrine Rampont « Parfois Ingérables, Toujours Brillants » Eyrolles 2019 (p. 147) => https://michaelwferguson.substack.com/p/the-inappropriately-excluded repris de http://michaelwferguson.blogspot.com/p/the-inappropriately-excluded-by-michael.html
Pour les francophones, un article reprenant le message : http://www.douance.org/qi/exclusion.html
Je serai ravi d’avoir votre avis éclairé sur la question 🙂
Cordialement, et vous remerciant chaleureusement pour votre présence à cette conférence,
Nicolas.
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Merci pour la source. Comme vous pouvez le voir, cette source n’est pas une étude de recherche, mais un article de blog écrit par un non spécialiste qui croit avoir compris beaucoup de choses sur beaucoup de sujets: « A life long Polymath who, after a career of financial consulting, primarily to Fortune 500 companies, spends all his time learning, thinking and writing. » On en connait d’autres, des « polymaths » qui ont un avis sur tout.
Après il faut bien sûr regarder en détail, mais sur les affirmations-clés comme l’exclusion des très hauts QI des « professions d’élite », il ne donne simplement aucune source, juste quelques chiffres dont on ne sait d’où ils sortent. Et lorsqu’il donne des sources, ce sont majoritairement d’autres articles d’opinion et des livres écrits par des non-spécialistes, très peu d’articles scientifiques, et tous très anciens.
Si on voulait aller au fond des choses, il faudrait encore creuser chacune des sources citées, mais cette première analyse assez superficielle ne donne vraiment pas envie d’y consacrer le temps nécessaire.
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Bonjour, à l’issu de bilans effectués dans une structure publique pour l’évaluation du TDAH, ( pour mon enfant déjà diagnostiqué TSA chez un autre pédopsychiatre) , le pédopsychiatre de cette structure publique, m’apprend qu’il y a davantage de personnes porteuses de troubles chez les personnes hpi. Si j’en comprends les conclusions ici, les études épidémiologiques contredisent à ce sujet ce pédopsychiatre.
Il serait dans ce cas, regrettable d’entendre des contradictions d’études dans les cabinets de consultations.
Merci de rendre accessible les recherches sur ces sujets d’intérêt pour tous.
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Bonjour,
Pour les troubles de type dys, l’hypothèse du sous-diagnostic ne devrait jamais être balayée d’un revers de main. Ce n’est pas parce que les déficits spécifiques ne sont pas apparents durant la scolarité (ou durant une grande partie de la scolarité) qu’ils n’existent pas ou qu’ils ne poseront pas problème plus tard. L’absence de détection et de prise en charge peut même conduire par la suite à des difficultés majorées.
J’ai été personnellement testée avec un QI supérieur à 130, et durant mon enfance ou mon adolescence personne n’a jamais suspecté aucun trouble cognitif. Ma scolarité se passait correctement. Pourtant, sur la fin de mes études supérieures (Master) et lors de mon stage et de mon insertion professionnelle, j’ai rencontré des difficultés considérables. Les bilans approfondis réalisés à l’hôpital avec équipe pluridisciplinaire et neurologue ont révélé des troubles cognitifs importants : TDAH avec d’immenses difficultés au niveau des fonctions exécutives dites froides + dysgraphie, dyspraxie, dyspropioception, troubles neurovisuels et phonologiques…
Bref, je suis passée complètement sous le radar et mes difficultés/déficits n’ont jamais été pris en charge comme elles/ils l’auraient dû. Il semble que j’ai pu compenser spontanément pendant longtemps, mais à partir du moment où les demandes de l’environnement sont devenues plus importantes, plus gourmandes en ressources exécutives et attentionnelles, je me suis retrouvée en grande difficulté. Ces difficultés perdurent aujourd’hui et rendent ma situation dans l’emploi extrêmement compliquée et extrêmement précaire. On ne peut pas s’en rendre compte en regardant uniquement mon niveau de diplôme ou la CSP correspondant à mon dernier emploi. J’étais cadre supérieur hier, je suis au chômage aujourd’hui, je serai peut-être au RSA demain.
A cause de ma réussite scolaire relative, et en dépit de ma reconnaissance MDPH, je peine à faire reconnaître pleinement mes déficits. Je sais que mon cas n’est pas typique, mais j’aimerais que les besoins et les difficultés des gens dans ma situation (car nous existons !) soient mieux pris en compte. Merci de ne pas nous invisibiliser. J’apprécie la rigueur avec laquelle vous abordez le sujet, mais vous pourriez parler de la tendance générale et cependant nous consacrer quelques paragraphes !
PS : je trouve que le terme de « râtés » présent dans le titre de l’une de vos conférences est inutilement stigmatisant. Que l’on soit surdoué, handicapé ou les deux, et quel que puisse être notre statut social / notre parcours de vie, nous ne méritons pas ce type de qualificatif. Personne ne le mérite à mon avis.
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Concernant le fait de vous invisibiliser, merci de relire le dernier paragraphe de cet article (et de tous les autres sur le sujet).
Concernant le terme de « ratés », si vous avez écouté la vidéo, vous avez dû remarquer qu’il s’agissait d’un mythe que je m’employais à démonter.
Concernant votre témoignage, je ne sais pas quoi dire. Je connais bien les troubles neurodéveloppementaux et en particulier les troubles des apprentissages. Je ne sais pas comment il est possible d’avoir « des troubles cognitifs importants : TDAH avec d’immenses difficultés au niveau des fonctions exécutives dites froides + dysgraphie, dyspraxie, dyspropioception, troubles neurovisuels et phonologiques » et malgré tout d’avoir une scolarité normale jusqu’au master. Même avec un haut QI qui modèrerait les problèmes, je ne conçois pas comment c’est possible.
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C’est mon cas .
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Je voudrais ajouter que dans les cas comme le mien (HQI avec troubles cognitifs multiples), les choses se jouent parfois à très peu. J’ai dans ma famille (fratrie notamment) des personnes aux profils très similaires dont la scolarité a été très vite écourtée.
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Bonjour, c’est un article intéressant qui va à l’encontre des croyances populaires. Une autre croyance est que les HQI ont plus de TSA (trouble du spectre de l’autisme), avez-vous des données à ce propos ?
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Je ne connais pas de données qui viennent à l’appui de cette hypothèse. Mais contrairement à d’autres troubles, je ne connais pas de données qui aillent clairement à l’encontre, donc pour l’instant je m’abstiendrai de conclure.
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Bonjour,
merci pour cet article que je découvre et qui vient renforcer une conviction que j’ai maintenant depuis quelques temps :
la rapidité de traitement de l’information (test de QI permettant non pas de mesurer l’intelligence mais bien cette vitesse de traitement de l’information sur une classe d’élèves donnés) n’a pas les impacts qu’on souhaite lui faire porter.
Néanmoins, ja souhaiterai savoir si votre études a poussé le niveau de connaissance sur les QI dit hétérogène vs homogène ?
pour aller plus loin, il me semble que les difficultés rencontrés (et ceci finalement quels que soit le niveau de QI) serait beaucoup plus intéressante pour détecter le potentiel échec scolaire.
en effet , une personne ayant des facilités dans un domaine mais des difficultés dans l’autre se verrait beaucoup plus facilement atteinte de trouble (dys ou autre difficultés lié à la confiance et relatif à la capacité à surmonter les difficultés).
je n’émet ici qu’une hypothèse empirique base sur mon expérience.
je serai curieux de savoir si les test que vous avez menez dans votre études vous permettrez de sortir les différences entre ces deux notions?
merci en tous cas pour cette étude qui me paraît déjà un très bon pas en avant de dediabolisation du qi vs échec.
cdt
B.
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Nous avons fait une étude pour analyser les liens entre QI hétérogènes (verbal vs. non-verbal) et psychopathologie, et nous n’en avons trouvé aucun:
https://ramus-meninges.fr/2023/04/17/qi_heterogenes/
Bien sûr, si on a un trouble cognitif qui induit une perte de performance dans un domaine spécifique, ça peut engendrer des écarts. Mais la seule observation d’écarts ne permet pas de conclure à un trouble.
Lisez cet article de Ghislaine Labouret et Jacques Grégoire, qui démontre que les QI hétérogènes sont beaucoup plus fréquents que la plupart des psychologues ne l’imaginent: ils sont la norme, pas l’exception. Du coup ça n’a aucune valeur diagnostique.
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Bonjour,
Merci pour votre blog et vos études scientifiques super intéressantes qui cassent la légende noire des surdoués.
Cependant, je me pose la question suivante, existe-t-il des études scientifiques qui étudient la typologie des troubles psys des HPI qui consultent un spécialiste et la compare à la population dans son ensemble. Est-ce que quand un HPI souffre de troubles psys, il souffre de troubles qui sont qualitativement différents et spécifiques par rapport à une personne de la population générale qui soufrerait aussi de troubles psys ? La majorité des surdoués va bien, mais les surdoués qui souffriraient le feraient alors avec certains troubles plus représentées (type sentiment de rejet par exemple, timidité etc… ?)
Bien cordialement,
Romain
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Pas simple de réponse à la question, il faudrait comparer les profils des gens diagnostiqués de divers troubles selon qu’ils ont un haut QI ou pas (avec très faible effectif parmi les HQI). Je ne connais pas d’étude qui l’ai fait.
Je me hasarde à faire quelques prédictions: à symptôme psychologique/psychiatrique égal, les HQI auraient moins de retentissement sur la vie sociale, car plus de ressources cognitives pour s’en sortir malgré tout (« coping »). Et peut-être aussi un meilleur « insight », c’est-à-dire la compréhension de leur trouble.
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La démonstration paraît irréfutable. Néanmoins, je me pose plusieurs questions : le QI ne varie-t-il pas avec l’âge ? Lorsqu’on on constate un qi hétérogène (en général, c’est la majorité) le fait d’améliorer l’intelligence verbale ne modifierait-elle pas aussi les résultats non verbaux pour des raisons toute simples : meilleure compréhension des énoncés et des concepts, meilleure formalisation des données et meilleure analyse ?
Je me demande donc si un grand nombre de HPI ne passe sous les radars. Et il me semble que cela peut engendrer une certaine souffrance et même conduire à un sentiment d’échec mortifère….mais ils ne seront jamais repérer par les tests car leur insuffisance verbale( qui pourrait par ailleurs être résolue) est bien révélée par les tests mais reste la cause d’une insuffisance apparente plus générale.
Donc ma question est la suivante : dans les profils hétérogènes existe-t-il des individus qui ont le maximum en verbal et un résultat très faible en non-verbal ? Est-ce possible ?
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Le QI varie relativement peu avec l’âge me semble-t-il. Les compétences varient, mais comme elles varient chez tout le monde, cela ne bouleverse pas drastiquement la position d’une personne vis-à-vis de sa classe d’âge (ce que mesure le QI).
On peut certainement discuter le poids des compétences verbales. Je ne sais pas dans quelle proportion on rencontre du verbal très haut pour du non-verbal bas. Mais il serait un peu bizarre de considérer qu’on rate des HPI qui obtiennent un QI relativement bas si on considère que c’est le QI qui détermine principalement la notion de HPI.
En pratique clinique toutefois, le QI sera un indicateur important mais pas l’unique facteur de détermination d’un HPI. Surtout, dans une démarche de consultation psy, il serait malvenu, d’une part, de laisser une personne sans explication ni soutien devant son résultat « décevant » de test de QI. D’autre part, une passation de test particulière pouvant être influencée par diverses conditions du moment, il vaut mieux ne pas se focaliser uniquement et excessivement sur le chiffre de QI total, mais le replacer dans un intervalle de confiance calculé autour de ce chiffre et qui prend en compte cette variabilité naturelle.
Les résultats du test sont donc à discuter et à mettre en perspective (de même que, préalablement, la raison pour laquelle on le fait, ce qu’on attend de cette passation, etc.).
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D’après votre réponse, je comprends que nous n’avons pas d’études statistiques sur la fréquence des hétérogénéités massives entre verbal et non- verbal.
C’est pourtant un point capital car si l’on reprend les études du Pr Dehaene, on s’aperçoit que le cerveau est, si j’ose dire, précablé pour les mathématiques et que c’est objectivable dès le plus jeune âge. La chose est entendue.
Deuxième chose entendue : la richesse et la structuration du lexique oral facilite l’apprentissage de la lecture.
Troisième chose entendue : le cerveau est plastique à tout âge (avec quand même un ralentissement dû à la vieillesse)
Oui, mais alors si l’on tient compte de ces trois observations, il me semble assez logique que le qi puisse varier et même dans des proportions considérables.
Enfin, une amélioration du niveau de la langue maternelle (il semble qu’il y en ait qu’une, même pour les bilingues) qui est en quelque sorte l’architecture principale acquise par le cerveau après une longue maturation et qui fixe aussi une certaine logique (ex : singulier, pluriel, antéposition, postposition, identité etc.) ne peut pas être sans conséquence sur une logique plus générale et dite non-verbale.
La langue maternelle est un filtre et un classeur universel et si ce filtre dysfonctionne, il y a des chances pour que d’autres facultés (l’attention, la concentration, l’imagination, les capacités d’observation etc.) soient bridées voire inhibées…d’où des résultats globaux faussés.
Bien sûr, on ne les a pas testés le qi n’existant pas à l’époque mais Flaubert, Andersen, Zola, Guitry et bien d’autres ne passaient pas pour de bons élèves (y compris en Français, Zola a échoué au bac à cause précisément du français) alors que l’on ne peut pas nier qu’ils aient par la suite atteint des performances exceptionnelles.
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« D’après votre réponse, je comprends que nous n’avons pas d’études statistiques […] »
Elles peuvent tout à fait exister, je ne sais juste pas ce qu’il en est. Et je précise que je ne parle pas au nom de Franck Ramus. 😉
Je ne peux pas me prononcer précisément sur votre 3 points « entendus », même si je n’ai pas de raison de ne pas vous suivre.
« il me semble assez logique que le qi puisse varier et même dans des proportions considérables. »
J’entends bien l’argument et bien que ce ne soit pas exclu, il semble que ce n’est pas ce qui est constaté en moyenne (cela dépend aussi de ce qu’on appelle « considérable »).
Je cite Brasseur et Cuche dans Le haut potentiel en questions (2017) : « la variation des compétences intellectuelles dans le temps pourra être plus importante chez un individu que chez un autre. On ne peut donc exclure un cas isolé qui contredirait nos propos. Toutefois, pour autant que la mesure de l’intelligence ait été faite après l’âge de 6 ans, il y a de fortes chances pour qu’une personne conserve sa position dans la distribution des QI, et qu’elle présente des aptitudes intellectuelles hors normes par rapport à son groupe d’âge toute sa vie durant. »
Elles renvoient notamment à Jacques Grégoire, Évaluer l’intelligence de l’enfant à l’aide du WISC-IV (2009) pour dire que « plusieurs études ont pu mettre en évidence que le niveau de compétences intellectuelles d’une personne reste stable tout au long de sa vie » (en dehors d’atteintes du fonctionnement cérébral). Ce qui ne veut pas dire que les performances ne changent pas au cours de la vie, évidemment (à la hausse d’abord, puis à la baisse en vieillissant).
« Enfin, une amélioration du niveau de la langue maternelle […] ne peut pas être sans conséquence sur une logique plus générale et dite non-verbale. »
Je ne sais pas, peut-être que cette amélioration du niveau de la langue est justement permise par les capacités intellectuelles/logiques préexistantes. Encore une fois, le QI est un classement dans une classe d’âge donc on ne peut pas le comparer entre deux personnes à différents âges (et donc différentes périodes d’acquisition de la langue).
Je ne pense pas non plus que l’expérience scolaire chaotique de quelques individus exceptionnels remettent en question l’évaluation du QI (et être un « mauvais élève » n’indique pas nécessairement une intelligence plus faible). Je doute fortement que Zola ait échoué au bac par manque d’une intelligence verbale qu’il n’aurait acquise que plus tard.
Quoi qu’il en soit, vous posez une question intéressante concernant la dépendances des compétences non verbales aux compétences verbales et leur impact sur l’évaluation du QI.
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Supposons un élève de sixième qui ne lit que des bandes dessinées, possède un vocabulaire actif de quelques centaines de mots (surtout à l’écrit) et passif plus important bien sûr (le nombre de mots dits « inconnus » dépassant largement ce capital lexical), il passe un QI verbal. Le résultat sera moyen ou médiocre.
Il arrive en quatrième. Pour une raison X ou Z (isolement dû à la maladie, maturation du cerveau, incitation, imitation etc.) il se met à lire mais cette fois des classiques.
Que va-t-il se passer ? Son lexique (actif, passif) va s’accroître d’une manière considérable. Supposons qu’il lise 100 livres par an. Vient la terminale. Bien sûr, ses performances en Français se sont améliorées. Il se retrouve en classe préparatoire. Vers 23 ans réussit le capes et l’agrégation de Lettres.
Question : il s’agit toujours du même individu mais son cerveau fonctionne-t-il de la même manière qu’au temps révolu de sa sixième ? En lisant, il a été confronté à des millions de mots ( un livre moyen, c’est 100 000 mots) pris dans différents contextes, a dû entrer dans la pensée de Spinoza, Kant , Hegel ou Niezsche.
Alors peut-on imaginer que son intelligence verbale n’en a pas reçu le moindre contrecoup ? Des centaines de synapses nouvelles se sont formées, des réseaux multiples qu’il était impossible de concevoir en sixième.
J’en conclus donc que soit le cerveau est plastique ( à tout âge et c’est démontré, me semble-t-il) et le Qi (marqueur de l’intelligence) doit évoluer à proportion soit il n’est pas plastique et alors effectivement toute évolution est impossible sauf à la marge.
C’est un point capital. Dans un autre post, je parlais des échelles Dubois Buise (réactualisée avec des moyens plus modernes) qui entendaient définir l’acquisition du vocabulaire par tranche d’âge et qui partaient d’une acquisition moyenne et attendue en fonction de l’existant (c’est à dire le niveau actuel des élèves)
Mais si, comme je le pense, le cerveau est plastique, il ne faut plus partir de la norme moyenne d’acquisition du vocabulaire mais de la norme la plus haute, celle des élèves qui possèdent un lexique très au-dessus de leur âge et puis trouver par des méthodes que l’on devra évaluer scientifiquement le moyen de faire que ce qui était l’exception devienne la règle.
Mais il y faut deux conditions :
1/ que le cerveau humain fonctionne toujours de la même manière. « L’universalisme » cérébral dont parle le professeur Dehaene.
2/ qu’il soit plastique.
Bien entendu, avec l’amélioration du niveau verbal des élèves, on est sûr d’obtenir une amélioration sensible des performances et pas seulement en Français car l’étendue et la structuration du lexique ont une influence considérable sur les capacités d’attention, de compréhension et de mémorisation.
Pour de trop nombreux élèves, leurs professeurs parlent une « langue étrangère » qui leur est difficilement accessible.
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(Je réponds ici à votre message d’aujourd’hui 05.11)
Votre expérience de pensée est intéressante, mais j’avoue ne pas savoir si vous me répondez ni si vous m’avez lu.
J’ai l’impression que vous mettez entièrement de côté le fait que le QI est un classement relatif à la classe d’âge de la personne testée et qu’augmenter ses compétences ou performances avec les années ne suffit donc pas nécessairement à augmenter ses résultats à un test de QI.
Mais il est plutôt admis que les capacités mesurées par le QI dépendent à la fois de la biologie individuelle et de l’environnement. Je crois me rappeler que c’est ce qu’écrivent d’ailleurs Ramus et Gauvrit dans Psychologie du haut potentiel.
Personnellement, je ne peux pas en dire beaucoup plus sur le scénario que vous détaillez.
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C’est vrai que j’ai du mal à vous comprendre et plus je vous relis moins je comprends.
Bien sûr, le QI est en rapport avec une classe d’âge et les questions ne sont pas les mêmes si vous êtes un enfant ou un adulte.
Si je dis à un gamin de 10 ans : trouve l’intrus entre jargonophasie, mutisme, coprolalie, il va avoir du mal à trouver. Par hasard, peut-être mais les explications…vont manquer.
Mais je suppose que les questions sont en rapport avec la classe d’âge et que les difficultés augmentent avec la classe d’âge elle-même.
Il n’est donc pas pensable de poser les mêmes questions. En revanche, les critères de » l’intelligence verbale » obéissent à la même logique scientifique et par conséquent, tout âge confondu, il me semble plus accessible à quelqu’un qui a lu des millions de mots, compris des centaines de concepts différents, même s’il s’agit de la même personne 20 ans plus tard.
Même si la difficulté augmente, ses capacités personnelles ont augmenté dans une plus grande proportion.
Dans le cas contraire, cela voudrait dire qu’il y a une sorte de déterminisme de l’intelligence verbale et que l’apprentissage général a un effet nul, ce qui est démenti par les faits. Par exemple, par la rééducation orthophonique bien menée pour les dyslexiques. Cela voudrait dire qu’un John Irving (dyslexique documenté), qui a écrit des dizaines de livres et se retrouve sur la liste des prix Nobel aurait toujours la même intelligence verbale que le petit gamin perdu qu’il était lorsqu’il devait lire une phrase et la comprendre ?
En plus, pour la passation des tests (et je dirais de n’importe quel test) un apprentissage spécifique sur le test lui-même peut améliorer « artificiellement » les performances.
Ce site pour une grande part est consacré à l’éducation et le professeur Ramus fait partie du Haut Conseil comme le professeur Dehaene d’ailleurs et en tant qu’ancien praticien, je ne peux pas admettre un quelconque déterminisme intellectuel ou social, tout simplement parce que pour moi « les fonctions exécutives » évoluent.
Tout simplement aussi parce que l’expérience me l’a confirmé tout récemment encore : une élève sous Ritaline, dyslexique, verbal faible (d’autant plus qu’il s’agissait d’une étrangère adoptée et ayant connue la maltraitance) que l’on allait orienter vers l’enseignement spécialisée, s’est retrouvée en lycée normal, a eu le bac et un BTS car ces « tests verbaux » après un réapprentissage particulier n’étaient plus compatibles avec un enseignement spécialisé.
Et ce que vous appelez « une expérience de pensée » est un cas avéré parmi beaucoup d’autres dont j’ai eu connaissance.
En tout cas, j’apprécie beaucoup nos échanges mais, je le répète, pour moi le cerveau est plastique et l’apprentissage peut le modifier en profondeur. Si on commence à dire : cet élève a un Qi de 90, il ne pourra jamais être universitaire, médecin ou ingénieur, on est dans une forme de fatalisme de la défaite qu’aucun professeur ne peut admettre.
J’ai vu aussi le cas inverse des hauts potentiels documentés qui n’ont pas tenu toute leur promesse mais en général c’était parce qu’ils avaient un trouble associé (sans rapport avec l’intelligence) de type bipolarité ou moins graves comme l’anxiété de performance.
Et merci pour avoir pris le temps de me répondre.
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(réponse au message du 05.11, 19:31)
« plus je vous relis moins je comprends. »
Navré, n’hésitez pas à poser des questions.
« Si je dis à un gamin de 10 ans : trouve l’intrus entre jargonophasie, mutisme, coprolalie, il va avoir du mal à trouver. »
La grande majorité des adultes aussi.. 😀
« je suppose que les questions sont en rapport avec la classe d’âge et que les difficultés augmentent avec la classe d’âge elle-même. »
Les questions ne changent pas dans un même test, mais il y a des tests pour enfants et des tests pour adultes. Et dans chaque test, le calcul du score de QI à partir des résultats bruts (nombre de bonnes réponses données) se fait différemment en fonction de l’âge.
Par exemple, avec un test pour adultes comme la WAIS-IV, vous pouvez passer deux fois le test à 20 ans d’intervalle, donner exactement les mêmes réponses à 70 ans qu’à 50 ans et obtenir un score de QI plus élevé que 20 ans auparavant. Ceci car, en moyenne, vos contemporains montrent de moins bonnes performances brutes à 70 ans, donc vous montreriez une supériorité relative en conservant simplement votre niveau d’il y a 20 ans. La même performance brute (absolue) sur les mêmes questions se trouve être une meilleure performance relative et se traduit par un plus haut score de QI (relatif).
« il me semble plus accessible à quelqu’un qui a lu des millions de mots, compris des centaines de concepts différents, même s’il s’agit de la même personne 20 ans plus tard. »
J’ai bien compris l’argument. Et oui, l’éducation en général augmente les performances brutes aux tests de QI et éventuellement le score total de QI, c’est admis.
Ceci dit, je ne partage pas votre confiance dans une prépondérance telle de la seule lecture. Aussi peu fiable que soit les anecdotes personnelles à ce sujet, je connais aussi des personnes qui lisent beaucoup et qui ne montrent pas de capacités de raisonnement au-dessus de la moyenne, ni de bonnes compétences grammaticales non plus (mais peut-être que cela aurait été pire en moyenne sans la lecture!).
« Même si la difficulté augmente, ses capacités personnelles ont augmenté dans une plus grande proportion »
J’entends l’argument mais un effet généralisé, automatique, reste à être démontré par les faits : dans quelle proportion de meilleures compétences verbales (ou spécifiquement en lecture) augmentent-elles les résultats bruts individuels (pour tous les axes des tests)? Et est-il fréquent de voir des gens améliorer drastiquement leur score total et donc leur classement vis-à-vis de leurs contemporains grâce à cela?
Je suis intéressé à voir des études qui mesureraient ces effets.
« Dans le cas contraire, cela voudrait dire qu’il y a une sorte de déterminisme de l’intelligence verbale et que l’apprentissage général a un effet nul »
Non, ce n’est pas tout ou rien, l’un n’exclut pas l’autre. Il y a des causes biologiques dans l’intelligence et aussi des causes environnementales. La difficulté est de mesurer l’effet des unes et des autres séparément.
« En plus, pour la passation des tests (et je dirais de n’importe quel test) un apprentissage spécifique sur le test lui-même peut améliorer « artificiellement » les performances. »
Oui, c’est connu et cela devrait être questionné et pris en compte par le praticien qui fait passer un test. Biaiser le résultat se fera au détriment de la compréhension de la personne testée.
« je ne peux pas admettre un quelconque déterminisme intellectuel ou social »
Ce refus de principe me paraît une posture risquée. Vous admettrez bien que nos apprentissages dépendent au moins partiellement du cerveau avec lequel on naît et que cela crée certaines limites, aussi éloignées soient elles, oui?
« Tout simplement aussi parce que l’expérience me l’a confirmé tout récemment encore »
Quelques exemples frappants ne font pas une généralité qui justifierait de refuser le moindre (« quelconque ») déterminisme. Mais c’est tant mieux qu’on lutte contre la fatalité et donne l’opportunité à toute personne d’améliorer ses compétences autant que possible.
« Et ce que vous appelez « une expérience de pensée » [..] »
Je réagissais au « Supposons un élève de sixième.. » qui ouvrait votre réponse.
« je le répète, pour moi le cerveau est plastique et l’apprentissage peut le modifier en profondeur. »
J’ai bien compris et personne ici ne dit l’inverse. J’ai juste l’impression que, sur cette base, vous attendez nécessairement un bouleversement assez systématique des QI de chacun dans une certaine direction et je ne crois pas que ce soit justifié (du fait de la construction du QI et sur la base de la stabilité relative constatée durant la vie). Mais encore une fois, ça m’intéresserait de voir des études sur ce point pour en savoir plus.
« Si on commence à dire : cet élève a un Qi de 90, il ne pourra jamais être universitaire, médecin ou ingénieur »
Personne ici ne dit qu’il faut utiliser le QI de cette façon en cantonnant les gens à la situation où il se trouve à un temps T.
« J’ai vu aussi le cas inverse des hauts potentiels documentés qui n’ont pas tenu toute leur promesse [..] »
Bien sûr, c’est d’ailleurs une part de ce qui fait ladite légende noire des surdoués : l’idée que ceux qui sous-performent (et qui sont ceux que rencontrent plus régulièrement les thérapeutes) représenteraient forcément la majorité des surdoués, ce qui n’est pas soutenu par les études scientifiques.
En somme, mon seul questionnement reste de savoir si cette vision d’une influence prépondérante, drastique, systématique des compétences verbales sur les autres composantes cognitives et, en conséquence, sur le QI est démontrée par des données contrôlées ou reste une thèse inspirée d’indices empiriques/de cas individuels remarquables et de l’existence (réelle) de la plasticité cérébrale.
Peut-être que Franck Ramus pourra expliquer si c’est le cas ou pourquoi ça ne l’est pas.
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Votre réponse est très détaillée et je vous en remercie. Je vais revenir sur un seul point qui explique un certain nombre de malentendus
. Oui, de grands lecteurs ont parfois des scores très inférieurs à ce que l’on pourrait attendre. C’est tout à fait vrai.
Mais je pense que vous et moi ne mettons pas le même sens au mot « lecture ». Il y en a de toutes sortes, celles qui ne nécessitent aucun effort parce qu’elles ont d’ailleurs été écrites pour ça – et donc qui n’exigent aucun niveau de départ et celles qui présentent des difficultés car elles sortent de ce cadre.
Le problème est le suivant : certaines personnes lisent et ne comprennent que ce qu’elles pensent et, en quelque sorte, « traduisent » le texte en une signification qui leur convient.
Un exemple de cette tendance à « s’approprier un sens familier » malgré la teneur objective du texte consiste à considérer le roman classique « Madame Bovary » comme un éloge de l’amour romantique alors que c’en est la satire.
Cette notion de « traduction » est essentielle et elle explique les faux sens, les contresens et surtout….le fait que la lecture n’apporte rien sauf une distraction vague.
Si l’on admet que toute lecture se ramène à une traduction, celle-ci va dépendre de l’étendue et de l’organisation du vocabulaire. Si dans une page, il y a 5 mots que vous ne comprenez pas, que va-t-il se passer ? soit en ayant conscience de cette lacune, vous allez interrompre cette lecture (« ce n’est pas pour moi, ce livre » ) soit vous allez supprimer ces mots en ne tenant compte que du « sens général », autrement dit de ce que vous mettez vous-même dans le texte et qui, en réalité, ne s’y trouve pas.
En somme, vous le réécrivez à votre sauce. Donc le bénéfice de la lecture est nul et c’est qui arrive, je pense, précisément, aux personnes qui « lisent » beaucoup et dont le Qi verbal est moyen ou médiocre.
Techniquement, ils lisent mais sémantiquement, non. C’est très observable chez des enfants de sixième. Ils vont aller jusqu’au bout du texte, parfois à haute voix et sans faute…mais ils sont incapables de résumer ce qu’ils ont lu. Ils « traduisent » le texte à leur façon.
Comment cela s’explique-t-il ? La recherche actuelle a établi que l’on commence par l’assemblage (par syllabes, phonèmes etc.) et que la lecture experte procède par adressage direct dans le lexique interne.
Oui, mais on n’oublie un stade intermédiaire capital et qui n’est jamais travaillé : le stade « ortho-sémantique’ (un indice orthographique partiel va stimuler la mémoire sémantique) d’autant plus important que la langue française est irrégulière (non phonétique à la fois pour le vocabulaire d’usage et les désinences grammaticales)
Une fois que l’on admet que toute lecture est une « traduction libre » et qu’elle dépend pour sa pertinence de ce « stade ortho-sémantique », réussi, il y aura bien compréhension, insuffisant ou négligé, il y aura incompréhension ou compréhension extraordinairement lacunaire.
Je connais un polytechnicien qui ne lit jamais mais avant le concours, il a appris chaque jour une page du dictionnaire. Inutile de vous dire qu’il a eu d’excellentes notes en Français.
La lecture n’a pas d’incidence sur le Qi si elle ne s’accompagne pas de l’étendue et la structuration du vocabulaire.
Ce n’est pas la capacité de « lecture » qui est décisive, c’est la disponibilité active et passive du vocabulaire et la réduction du nombre des « mots inconnus ».
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(Arrivé à ce point, après ma réponse ci-dessus, j’ai prospecté très superficiellement pour trouver des articles intéressants pour ce sujet.
J’ai trouvé celui-ci notamment : Ramsden et al, « Verbal and nonverbal intelligence changes in the teenage brain », Nature, 2011, https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC3672949/.
Il donne un exemple de ce qui s’étudie et de l’évolution notable du QI individuellement : ici un exemple sur 33 adolescents dont le QI total a évolué de +1 point en 3-4 ans en moyenne, alors que les variations individuelles ont pu aller jusqu’à -18 points et + 21 points.
On mesure les variations relatives (donc leur classement) et non pas les performances brutes.
Un article ultérieur de Ramsden et al. (« The influence of reading ability on subsequent changes in verbal IQ in the teenage years », Developmental Cognitive Neuroscience, 2013, https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC3853584/) indique que ~20% des participants de l’étude précédente ont vu leur QI verbal varier d’au moins 15 points (un poil moins pour le QI non verbal).
Il montre surtout que le QI verbal mesuré à la fin de l’étude est corrélé au niveau de lecture mesuré 3-4 ans auparavant ; et que cet effet est d’autant plus marqué que le niveau de lecture et le QI verbal étaient éloignés l’un de l’autre au début de l’étude. Donc, un bon niveau de lecture en début d’adolescence permet généralement d’améliorer sensiblement son QI verbal en fin d’adolescence, d’autant plus si on avait un QI verbal relativement bas au départ. L’effet sur le QI non verbal n’était pas significatif.
Ce n’est qu’un exemple, je ne connais pas l’état général de la recherche sur ce point.)
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Je vous remercie encore de ces précisions.
Toute la question est de savoir ce que l’on appelle un « bon niveau de lecture »
Si on l’établit à partir d’une grille qui a pour référence « la maîtrise attendue d’un certain vocabulaire à un âge donné » On se trompe lourdement et on est dans la tautologie : « J’ai sélectionné des mots en rapport avec son âge si l’enfant les retrouve, il a un bon niveau. »
Ce n’est pas tenir compte du fait que le vocabulaire est interactif, que les mots simples expliquent les mots compliqués et parfois les mots compliqués par leur étrangeté sollicitent davantage l’attention et sont mieux retenus (ex la liste des dinosaures chez des petits)
Deuxième problème : le lexique est un système en réseaux de ressemblances et de contrastes et si on ne l’enseigne pas explicitement, on n’a que des améliorations fragiles et relatives.
Troisième problème : dès qu’on lit des ouvrages d’un certain niveau (et je pense par exemple au Petit Prince ou à Marcel Aymé etc.) on a besoin du lexique soutenu – non pas toujours parce que ces auteurs l’emploient mais parce qu’on en a besoin pour les comprendre…sinon, on est encore dans la « lecture imaginaire »
En particulier, les mots intellectuels et affectifs : ex: absurde (pour l’ivrogne qui boit pour oublier qu’il boit) manie et mégalomanie (pour le roi qui prétend compter toutes les étoiles et les posséder) etc. Même les mots plus simples « orgueil » « vanité » sont ignorés. Autrement dit, le lexique s’apprend par saupoudrage et avec une durée de vie aléatoire.
On fabrique des « lexiques internes » inconsistants avec les conséquences que l’on imagine pour l’adressage expert.
Tout ce travail – essentiel et d’ailleurs ludique- n’est jamais fait ni à l’école ni au collège ni au lycée. D’où ce que je disais de « la lecture traduction libre » Et des « bons niveaux de lecture » qui sont des constructions parfaitement logiques et cohérentes mais oublient l’essentiel.
J’ai eu en classe de seconde un HPI de 12 ans, certainement d’un très haut en verbal. Bon, d’après mes tests, il était moyen et même faible. Il m’est arrivé de lui mettre 5. La fois suivante, il a eu 2O et un an plus tard, 20 au bac, bien sûr. ( qu’il aurait eu naturellement sans moi mais c’est une autre question)
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Désolé, j’arrive un peu tard sur cette discussion. Elle comporte trop d’affirmations contestables pour que je puisse toutes y répondre.
Sur la possibilité de l’évolution des scores de QI, il faut distinguer si l’on parle de scores bruts (performances cognitives absolues, avant standardisation pour la classe d’âge) ou de scores standardisés (relatifs à la classe d’âge).
Concernant les scores bruts, bien sûr ils augmentent énormément de la naissance à 25 ans, puis déclinent lentement. Vous pouvez voir les trajectoires ici:
https://labs.la.utexas.edu/tucker-drob/about/
Les facteurs qui promeuvent cette évolution sont à la fois biologiques et environnementaux, notamment la scolarisation (Ritchie & Tucker-Drob, 2018). La lecture est bien sûr un moyen d’augmenter son vocabulaire et ses connaissances, et donc son intelligence verbale (ou cristallisée).
Les scores standardisés reflètent le positionnement relatif de l’individu par rapport à sa classe d’âge. Contrairement aux scores bruts, ils sont très stables au cours de la vie. Bien sûr, les mêmes facteurs qui font évoluer les scores bruts, s’ils s’appliquent de manière inégale entre les enfants, peuvent aussi faire évoluer les scores de QI. Donc par exemple les enfants qui lisent plus que les autres vont augmenter leur intelligence verbale plus que les autres, donc leur score de QI verbal, et dans une moindre mesure leur score de QI total (qui prend en compte les compétences verbales mais pas que) (Ritchie, Bates & Plomin, 2014). Mais en pratique, ces différences de stimulation environnementale produisent des variations de scores de QI qui restent modestes, de l’ordre de quelques points. Donc ça ne contredit pas la grande stabilité des scores de QI.
Ritchie, S. J., Bates, T. C., & Plomin, R. (2014). Does Learning to Read Improve Intelligence? A Longitudinal Multivariate Analysis in Identical Twins From Age 7 to 16. Child Development.
Ritchie, S. J., & Tucker-Drob, E. M. (2018). How Much Does Education Improve Intelligence? A Meta-Analysis. Psychological Science, 29(8), 1358–1369.
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Merci pour votre réponse particulièrement claire et documentée.
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Là encore, que veut dire « lire plus » ?
Combien de livres dans l’année et quels types de livre ? Entre Flaubert ou Zola et « la littérature pour adolescents », il y a un monde.
Par exemple, le premier paragraphe de la Chute comporte des mots comme : importun, estimable, destinée, plaider, genièvre, se rendre à des arguments, insister, privilège, se retirer, obliger quelqu’un, fâcheux.
Mots opaques pour quelqu’un qui n’a pas l’habitude de lire les oeuvres patrimoniales même modernes.
Encore une fois, l’étendue et l’organisation du lexique est décisive car elle commande l’attention, la compréhension et la mémorisation.
La question que je pose donc est la suivante : existe-t-il des tests qui font passer un test d’entrée- suivi d’un apprentissage spécifique par exemple de 3000 mots dits « soutenus. »)- puis d’un test de sortie ?
Et en plus, QI de départ puis Qi final pour mesurer les éventuels progrès.
On teste les lacunes puis les acquis et on voit en quoi ce Qi prétendument inamovible peut varier considérablement dans la même année et pas seulement à la marge.
De tels tests existent-ils ?
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Bonjour,
Ma question est probablement très naïve.
Je pense en particulier à l’isolement social, dont il a été suggéré, il me semble, qu’il pouvait jouer sur les capacités cognitives (au moins à partir d’un certain âge, mais probablement aussi tout au long de la vie).
Si j’ai bien compris, c’est l’association entre QI et trouble psy à un temps donné qui été étudiée.
Comment sait-on alors que c’est le QI qui est protecteur et pas le trouble qui pourrait jouer sur le QI? (ou que ce n’est pas plus complexe avec de la rétroaction, ou bien que l’association ne pourrait pas être liée à d’autres facteurs comme mentionné dans des commentaires précédents?)
Je pense en particulier à l’isolement social, dont il a été suggéré, il me semble, qu’il pouvait jouer sur les capacités cognitives (au moins à partir d’un certain âge, mais probablement aussi tout au long de la vie).
Par ailleurs, sait-on évaluer la stabilité du QI, en particulier chez les personnes avec un trouble?
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Les études rapportées ici montrent une association statistique positive entre le QI et la santé mentale et cognitive, mais ne disent rien sur le lien causal. Quand on dit que le QI a un effet protecteur sur la santé mentale, vous avez raison de souligner que c’est un abus de langage causal, en fait on n’a pas vraiment de preuve de ce lien causal. Les associations statistiques observées peuvent relever de 3 mécanismes:
– l’intelligence a un effet causal sur la santé mentale (ou au moins sur la probabilité de certains troubles). C’est plausible au moins dans le sens où les personnes plus intelligentes prennent moins de risques nuisibles à leur santé (y compris mentale).
– la santé mentale (ou au moins certains troubles) a un effet causal sur la performance dans les tests d’intelligence. C’est avéré par exemple pour la dépression, qui diminue temporairement la performance, et pour la dyslexie qui, en diminuant la capacité à lire, bride la croissance de l’intelligence chez l’enfant.
– Des facteurs communs influencent à la fois l’intelligence et la santé mentale. De fait, il est tout à fait plausible que certains facteurs génétiques (des mutations de gènes impliqués dans le développement du cerveau) comme environnementaux (par exemple la maltraitance) puissent dégrader à la fois la performance cognitive et la santé mentale.
Bien entendu, ces 3 mécanismes ne sont pas mutuellement exclusifs, il est fort possible que les 3 soient vrais.
Bref, nos études n’ont pas de prétention à établir une causalité. Elles montrent simplement que le discours populaire selon lequel les personnes à haut QI auraient plus de troubles (une association statistique) est faux.
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Je ne crois pas que ses études fassent avancer la compréhension du sujet HPI, car il y a un parti pris sous-jacent. On comprend que le but est d’invalider des idées reçues sur le sujet des HPI.
Mais dire que les médias racontent n’importe quoi sur le sujet, c’est plutôt simple à démontrer, en effet. En revanche, démentir les explications de psychologues ou de médecins en postulant un biais d’échantillonnage paraît plus délicat.
De mon point de vue, je pense qu’au contraire, il faut écouter ce que les psychologues ou les médecins ont à dire sur le sujet.
La démarche n’est pas la même : les psychologues et les médecins tentent de décrire un phénomène. Ils se basent sur leurs connaissances cliniques et sont en capacité d’en déduire des explications.
Dans vos recherches, je vois plusieurs biais :
1/ Le biais d’échantillonnage
Les psychologues ne verraient que des HPI avec des difficultés, car les HPI qui n’ont pas de problèmes n’ont pas besoin de consulter.
Problème :
1/ Existe-t-il des études qui montrent qu’effectivement les psychologues ont toujours en face d’eux des personnes ayant des troubles psychologiques ?
2/ Existe-t-il des études qui montrent le pourcentage de personnes détectées HPI n’ayant aucun autre trouble et celui des personnes détectées HPI ayant une comorbidité (TSA, TDAH, etc.) ?
Et comment expliquer qu’une personne ayant un TDAH ou un trouble anxieux ait beaucoup plus de chances de « louper » le test de QI ? En général, tous les psychologues/neuropsychologues vous diront qu’avoir une comorbidité n’aide pas à atteindre le score de 130. Par conséquent, je ne suis pas sûr que les psychologues ne voient que des personnes HPI avec un trouble ou une comorbidité. Ils en voient, mais ils ne sont pas automatiquement HPI.
Autres raisons valables : les enfants qui passent des tests de QI sont issus de familles aisées (notamment pour couvrir au moins le coût prohibitif du test).
2/ Les biais dans les statistiques
A/ Vous conviendrez que si les HPI représentent 2 % de la population, dans chaque échantillon seul 2 % ou peut-être 3-4 % d’HPI se retrouveront.
Sur un échantillon de 1 000 personnes, 2 % représentent 20 personnes. Conclure des choses sur la base de 20 personnes ne serait pas très significatif.
Seul le test sur 35 000 personnes pourrait éventuellement l’être, mais je ne suis pas sûr que l’expérience ait été très poussée sur 35 000 personnes (sans doute les personnes ont répondu sur la base d’un questionnaire).
B/ La majorité des personnes détectées HPI ne le savaient pas avant de participer à l’expérience.
Ces personnes ont-elles réalisé d’autres tests que celui du QI pour savoir si elles avaient une comorbidité non décelée également ? Ont-elles réalisé un test TSA (ADOS, ADI-R), TDAH ou de troubles anxieux ?
C/ La réussite scolaire vs les difficultés à l’école ou la généralisation du paradoxe de Simpson.
Il est tout à fait possible de réussir sa scolarité en étant HPI et de ne pas avoir bien vécu sa scolarité.
Il est possible de faire Polytechnique et de se sentir décalé par rapport aux autres sans savoir qu’on est HPI.
On peut avoir des problèmes scolaires à l’école, notamment avec ses camarades, mais réussir ses examens.
Avoir des difficultés scolaires, vu tout ce que cela peut comprendre, ne veut pas dire échouer aux examens. biais dans la démarche.
3/ Le HPI est protecteur face aux troubles ?
Les HPI n’auraient pas plus de troubles que les autres, voire un peu moins. Donc il faut conclure que l’intelligence est protectrice face aux troubles ?
Essayons de comprendre…
Si les HPI ont moins de trouble que les autres, c’est que donc une partie des HPI aurait un trouble, mais leur intelligence le rend indétectable. On a donc mesuré quelque chose d’indétectable ?
D’un côté, il y a les troubles, de l’autre, l’intelligence. L’intelligence absorbe les troubles ? Il y a une partie du cerveau qui fonctionne pas comme il faut et de l’autre une partie du cerveau responsable de l’intelligence qui prend le pas sur l’autre ?
Ou tout simplement, plus on est intelligent, moins on a de troubles ?
Donc… moins on est intelligent, plus on a de troubles ?
Si on a 90 de QI, on a plus de troubles ? Puisque l’intelligence est protectrice face aux troubles ?
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Il n’y a aucun parti pris dans nos études. Nous cherchons simplement à savoir ce qui est vrai, et nous ne savions pas à l’avance ce que nous allions trouver.
Vous dénoncez des biais mais en fait l’article ci-dessus contient déjà les réponses à vos objections. Il suffit de bien lire. Vous pouvez aussi vous reporter aux études scientifiques publiées pour avoir tous les détails.
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Bonjour M. Ramus,
Désolé si mon message était agaçant. Merci tout de même d’avoir répondu.
Je souhaiterais poursuivre sur une autre question, plus ouverte, qui j’espère est plus intéressante.
Globalement, je comprends que les personnes à haut QI n’ont pas plus de troubles que le reste de la population, ils n’ont pas de difficulté scolaire voire ils réussissent mieux (le contraire aurait été étonnant car les tests de QI ont été inventés à l’origine pour prévenir des futures difficultés scolaires), les personnes avec un QI hétérogène n’ont pas non plus de troubles que les autres, en gros tout va bien.
Du coup, quelle serait votre interprétation ?
Nous serions en droit de nous questionner : est-ce que cette catégorie « HPI » correspond à quelque chose, est-ce que cela correspond à une réalité quelconque ? Ou est-ce simplement une catégorie statistique sans réelle spécificité ?
Vu que le seuil de 130 est arbitraire et ne correspond à rien (hormis le score qui est à 2 écarts-types), jusqu’à preuve du contraire, quelqu’un qui obtient 135 à un test de QI est quelqu’un… qui a 135 à un test de QI, comme quelqu’un qui a eu 112 et un autre 124.
Donc c’est comme si quelqu’un obtenait 18 en maths. Lui faire passer des tests pour savoir s’il a un trouble particulier ou s’il a des allergies n’auraient aucun sens.
En tout cas c’est une interprétation ou un questionnement qu’on pourrait déduire de vos résultats.
——–
Je réponds quand même sur cette hypothèse de biais d’échantillonnage parce qu’elle est beaucoup plus profonde que cela en a l’air :
J’ai bien compris la démonstration : les études qui comparent des populations déjà identifiées HQI avec des moyennes nationales sont biaisées si on considère que toutes les personnes qui ont déjà passé un test de QI l’ont fait car ils avaient d’autres difficultés.
Cependant, je ne crois pas que les psychologues qui font passer des tests de QI soient, eux, victimes de biais d’échantillonnage. De ce que j’ai pu comprendre, certains cliniciens essayent de trouver, peut-être, et sans doute à tort, des caractéristiques communes entre des personnes HPI, TDAH, TSA etc. Non pas qu’ils considèrent que les comportements sont les mêmes mais qu’il y aurait peut-être une cause unique explicative qui pourrait se décliner sous différents aspects, en gros que la neuroatypie se déclinerait sous différentes formes.
En soi, on peut considérer qu’il s’agit d’une déformation professionnelle… ou bien il y a peut-être effectivement quelque chose à creuser.
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Sur le premier point, mon avis sur la catégorie HQI est le même que pour les catégories diagnostiques: aucune n’existe dans la nature, et tous les seuils sont arbitraires. C’est nous qui définissons des seuils et des catégories, parce que c’est comme ça que nous comprenons le monde et que nous pouvons agir. Chaque catégorie doit donc s’évaluer en fonction de son utilité pour les personnes concernées. Pour le HQI on peut effectivement se poser la question.
J’ai développé cela dans cet article.
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Sur le deuxième point: comment les psychologues pourraient-ils ne pas être victimes de biais d’échantillonnage, dans la mesure où ils ne voient que les personnes qui les consultent?
Ils peuvent chercher des caractéristiques communes et cela peut être intéressant, à condition de réaliser que ce sont des caractéristiques communes aux gens qui consultent des psychologues, et donc que ce qu’ils observent ne se généralise pas forcément à toutes les personnes à haut QI.
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Bonjour M. Ramus,
Merci pour vos réponses très rapides.
Concernant le premier point, j’ai lu l’article que vous avez cité. Je suis tout à fait d’accord avec ce que vous écrivez dans cet article et je trouve vos arguments et cette façon de voir les choses très rassurants.
Sur le second point, vous voulez dire échantillon représentatif ? Car à moins de diagnostiquer 8 milliards d’êtres humains, toute expérience ne peut se réaliser que sur un échantillon.
Donc c’est sur la représentativité de l’échantillon que vous placez vos doutes.
Si l’échantillon n’est pas représentatif parce que la majorité des personnes HPI/HQI ne consultent pas, je vois deux hypothèses possibles :
Première proposition : Les personnes HPI/HQI qui n’ont pas réalisé de test de QI ont des caractéristiques similaires aux personnes HPI/HQI qui ont réalisé un test de QI. Cependant ils ne l’ont pas fait pour diverses raisons :
Dans ces cas-là, on pourrait considérer que les personnes qui n’ont pas passé de tests de QI auraient pu le faire mais ne l’ont pas fait pour diverses raisons.
Donc il n’y a pas de biais d’échantillonnage dans les cabinets des psychologues, la population est la même. Les personnes qui consultent sont juste plus convaincues de leur démarche.
Deuxième proposition : Les personnes HPI/HQI qui n’ont pas réalisé de test de QI n’en ont pas réalisé car ils n’en ont pas ressenti le besoin.
Donc ces personnes n’ont pas de difficultés particulières, encore moins de trouble quelconque, n’ont jamais ressenti d’écart par rapport aux autres, sont parfaitement adaptées. Le jour où ils apprennent qu’ils ont un haut QI est un pur hasard, ils sont surpris puis reprennent leur vie.
Déduction : obtenir un score élevé à un test de QI c’est obtenir un score élevé à un test de QI, comme avoir des bonnes notes à l’école. Ils ont été performant dans l’exercice mais n’appartiennent pas une catégorie spécifique d’être humain dont on peut tracer des traits caractéristiques.
En allant plus loin et si on est persuadé que les « surdoués » existent bel et bien, alors on pourrait conclure que les tests de QI ne sont pas le bon instrument pour les détecter.
Et si Einstein avait un QI de 115 ?
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Bonjour
Je me permet quelques remarques :
« Donc… moins on est intelligent, plus on a de troubles ? Si on a 90 de QI, on a plus de troubles ? Puisque l’intelligence est protectrice face aux troubles ? »
Pour un QI de 90 je ne sais pas si il existe des données pour répondre. Mais à partir d’un QI d’environ 70 et moins, il y a un lien très clair avec des difficultés importantes dans la vie des individus. C’est ce qu’on appelle un trouble du développement intellectuel, ou handicap intellectuel, et ce trouble est fréquemment associé à d’autres maladies, trouble mentaux ou neurodéveloppementaux.
« Existe-t-il des études qui montrent qu’effectivement les psychologues ont toujours en face d’eux des personnes ayant des troubles psychologiques ? »
Vous semblez suggérer qu’il n’y aurait pas de biais d’échantillonnage parce que les psychologues auraient une patientèle essentiellement composée de gens qui vont bien, c’est un peu osé. Il me semble que la charge de la preuve vous incombe sur ce point.
Vous avez raison de souligner que les tests coutent cher, souvent plusieurs centaines d’euros. Je vous propose le modèle d’explication suivant :
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Bonjour,
Merci pour votre réponse ne serait-ce pour continuer le débat sur ce sujet. J’avais un peu plus développé les arguments dans les messages suivants.
Au préalable, je tiens à préciser que le but de mes commentaires n’est pas de susciter l’opposition et je n’ai pas d’avis tranché sur la question. J’essaie de comprendre le phénomène et je constate certaines explications un peu rapides dans la réflexion, aussi scientifique soit-elle.
De mon point de vue, cette idée de biais d’échantillonnage dans les cabinets de psychologie n’est pas suffisante à expliquer cette divergence de résultats. Elle est nécessaire mais non suffisante.
On ne peut pas affirmer que la majorité des personnes qui passent un test de QI ont un trouble. Il y a bien un biais de l’autre côté, c’est évidemment une exagération.
Même les études qui peuvent comporter des biais ne disent pas cela, elles disent que les troubles sont plus importants chez les personnes à haut QI. En donnant un exemple (je mets n’importe quoi) 15% de personnes présentent un TDAH chez les HQI contre 5% dans la moyenne nationale. Donc un facteur 3. Mais cela ne veut pas dire que la majorité (+50%) des personnes qui passent un test de QI ont un trouble.
Partant de là, dire que les cliniciens/psychologues sont victimes d’un biais d’échantillonnage est discutable.
Ils voient bien que X personnes sur 10 (et sans doute la majorité) présentent un haut QI sans avoir de trouble.
Il y a peut-être un biais d’échantillonnage dans les chiffres (les statistiques qui pourraient ressortir des cabinets) mais les cliniciens/psychologues ne sont pas obligatoirement victimes de ce biais.
J’ai donné une explication/suggestion plus haut, chacun émet des hypothèses selon son domaine de compétence : certains (et pas tous) cliniciens/psychologues font des hypothèses sur la cognition en faisant des inférences pour tenter de l’expliquer à partir d’une théorie explicative unique (d’ailleurs, cela dit en passant, c’est ce que fait le facteur g pour l’intelligence et sans donner d’explication).
Il y a également d’autres explications comme le fait que les bilans neuropsychologiques sont souvent incomplets. On fait réaliser un test de QI mais pas le reste, pensant que le QI suffit à tout expliquer.
Par ailleurs, réduire l’intelligence au test de QI est également discutable vu le nombre de biais qui comportent ces tests.
J’en cite quelques-uns : La limite de 130 est arbitraire et les tests de QI donnent un QIT à l’instant T (une personne peut avoir 132 le jour J et 124 un autre jour (l’intervalle de confiance à 95% donnent souvent des fourchettes à 8-9 points donc la moitié d’un écart-type). Sachant qu’à partir de 133 on tombe à 1% dans la courbe de Gauss donc 1% se situe autour de 130 à l’instant T etc. etc.).
Le plus rigoureux serait donc de regarder les résultats en fonction du QI pour tout le monde et non en fonction de rubriques HQI et non-HQI (ce que fait certains graphiques mais pas tous).
Bref, on peut continuer à l’infini.
NB : Dire qu’en dessous de 70 de QI il y a déficience intellectuelle est un peu une tautologie car c’est l’objet premier de ces tests de regarder s’il y a ou non une déficience intellectuelle.
La véritable trouvaille serait de démontrer que la probabilité de trouble est plus importante entre quelqu’un qui a 100 par rapport à quelqu’un qui a 120.
Dire que 130 est protecteur face aux troubles c’est en poussant le raisonnement dire qu’à 110 on a plus de chance d’avoir de troubles qu’à 130. Est-ce que c’est vrai ? Je ne fais que pousser le raisonnement. D’autre part, en disant cela, on établit un lien entre troubles et QI qu’on cherchait justement à invalider..
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« Il y a peut-être un biais d’échantillonnage dans les chiffres (les statistiques qui pourraient ressortir des cabinets) mais les cliniciens/psychologues ne sont pas obligatoirement victimes de ce biais. »
Je ne comprends pas non plus cette réponse au biais d’échantillonnage. La critique ici porte sur les thèses que formulent des psychologues à propos des HPI en général, ceci sur la base des données de leur pratique. Ils sont biaisés s’ils s’appuient sur des données biaisées pour faire des affirmations générales, non?
Pour discuter des HPI qui n’ont pas consulté, vous faisiez des hypothèses spécifiquement sur ceux qui n’ont pas fait de test de QI. Pourquoi?
« Dans ces cas-là, on pourrait considérer que les personnes qui n’ont pas passé de tests de QI auraient pu le faire mais ne l’ont pas fait pour diverses raisons. »
Diverses raisons qui s’ajoutent à d’autres raisons de ceux qui n’ont pas consulté. Toutes raisons qu’il faut donc prendre en compte avant d’émettre des conclusions sur tous les HPI puisqu’elles sont autant de biais potentiels qu’il faut lever. N’est-ce pas?
Je ne comprends pas en quoi vos propositions lèvent ces biais.
« En allant plus loin et si on est persuadé que les « surdoués » existent bel et bien, alors on pourrait conclure que les tests de QI ne sont pas le bon instrument pour les détecter. »
Je ne vois pas en quoi cela serait une conclusion des hypothèses que vous faisiez. J’ai l’impression que vous partez dune autre définition de ce que sont les surdoués pour en conclure que le QI ne détecte pas bien cette catégorie. De quels autres critères parle-t-on, à nouveau des traits ou troubles observés dans les populations cliniques?
N’est-on pas en train de tourner en rond pour revenir aux objections de l’article? Ou votre objection est-elle en fait sur autre chose que le biais d’échantillonnage pointé?
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Réponse à Oberric :
Bonjour,
Pour le premier point (les biais d’échantillonnages) les raisons peuvent être multiples, ce n’est pas parce que je vais mal ou que mon enfant va mal que je décide de passer ou de faire passer à mon enfant un test de QI.
On peut simplement dire que c’est un concours de circonstance qui amène des personnes à passer le test.
Si un enseignant détecte un enfant agité dans une classe où tout le monde est sage parce que l’école est très stricte, il y aura une forte probabilité que l’enseignant en fasse part aux parents.
Si dans une autre école ou une autre classe, tous les enfants sont agités, l’enfant HQI agité passera inaperçu.
Par ailleurs, seuls les psychologues sont habilités à faire passer des tests de QI. Donc quelqu’un qui veut réaliser un test de QI ou le faire passer à son enfant est obligé de passer par un psychologue.
Si les personnes habilitées à faire passer des tests de QI étaient de simples personnes à activité libérale spécialisée en passation de test de QI, vous ne pourriez pas affirmer que la majorité des personnes qui passent un test de QI ont un problème car ils vont consulter un psychologue.
Sur le second point, l’idée est simple, c’est « si on dit que » le HQI n’est rien, si ce n’est la performance à un test qui serait comme avoir une bonne note à l’école, est-ce que cet état de fait est suffisant pour parler d’un test qui mesure l’intelligence ?
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Je ne sais pas où vous voulez en venir avec toutes vos suppositions. Les personnes qui consultent un psychologue ne sont pas représentatives de la population, car elles ont une bonne raison de consulter, et elles ont une plus grande probabilité d’avoir un trouble psychologique que le reste de la population. Cela vaut aussi pour les HQI qui consultent un psychologue, qui ont une plus grande probabilité d’avoir un trouble psychologique que le reste des HQI. C’est un biais d’échantillonnage, c’est tout.
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Bonjour M. Ramus,
Je ne pense pas quand on arrivera à tomber d’accord, donc passons.
Pour moi, le biais d’échantillonnage est sans doute réel mais il n’est pas suffisant pour expliquer pourquoi les psychologues/cliniciens font (certains) le lien entre troubles et HQI.
Il y a des milliards d’explications. J’ai évoqué la déformation professionnelle mais je pourrais également évoquer les biais culturels. A ce propos est-ce que les cliniciens/psychologues anglo-saxons sont sur la même ligne que les cliniciens/psychologues français ?
J’ai cru comprendre, par exemple, que la catégorie HQI est intégrée à la neuroatypie mais uniquement en France.
Par ailleurs, beaucoup de psychologues/cliniciens évoquent de simples caractéristiques communes et non des troubles : curiosité, goût au raisonnement, sens de la justice, recherche de la vérité, attirance pour la complexité, attrait aux questions existentielles etc.
Ce serait intéressant d’avoir votre avis sur le sujet, existe-t-il des caractéristiques communes au HQI qui pourraient expliquer leurs performances au test de QI ?
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Je vous remercie pour cet article, qui complète utilement le précédent : je l’avais lu avec grand intérêt, et je le partage très souvent !
Une petite question : des études ont-elles été menées sur les éventuels troubles de santé mentale chez les HQI issus de milieux sociaux défavorisés, qui n’ont donc pas forcément pu bénéficier de la stimulation intellectuelle, et de la compréhension de leur singularité par l’entourage, dont ils auraient eu besoin ? Les difficultés psychiques, voire les troubles, seraient-ils plus fréquents parmi ceux-là, ou n’y a-t-il aucune corrélation ?
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Je ne connais pas d’analyse portant sur ce point. On pourrait théoriquement la faire dans des données que nous avons déjà analysées, en sélectionnant, parmi les HQI, ceux qui avaient un niveau socioéconomique familial particulièrement bas. Tout le problème est que l’on risque de ne pas avoir assez de données. Même lorsque nous partons de grandes populations (comme le panel 2007 de la DEPP, ou la cohorte UK Biobank), l’étude des HQI suppose d’identifier les ~2% ayant les QI les plus élevés. Par définition ils sont 50 fois moins nombreux que l’effectif initial, ce qui rend déjà nos analyses parfois un peu limites au niveau statistique (compte tenu des données manquantes sur certaines variables etc.). Si en plus, au sein de ces 2%, on doit isoler ceux qui sont dans le quintile inférieur de SES, on se met encore plus en difficulté! Je ne dis pas que ce n’est pas faisable, mais en tous cas je n’en ferais pas une priorité pour mes prochaines recherches, dans la mesure où l’hypothèse ne me parait pas forcément plus prometteuse qu’une autre.
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Bonjour à vous,
Merci beaucoup pour ce travail de vulgarisation scientifique qui porte tout de même un coup d’arrêt à un biais d’échantillonnage très probable concernant nos populations de HPI en difficultés psychologiques.
J’aurais deux remarques à faire, la première consiste à observer que certains patients (ou leurs parents) arrivent aux centres de consultation en indiquant : « je/il/elle est en difficultés scolaires/ est angoissé ou hypersensible donc je/il/elle doit être HPI ». On voit dans cette démarche un raisonnement paralogique du type : « Plus y’a de gruyère plus il y a de trous, donc moins il y a de fromage plus il y a de fromage » qui est malheureusement confirmé très fréquemment par des bilans neurospsychologiques lamentables où les professionnels (pourtant d’orientation neuro) confirment aux parents ou aux sujets l’hypothèse d’un HPI pourtant sans différence significative des scores de QI !!!!
Qui satisfait-on avec ces bilans ? Je plussoie totalement à votre conclusion, ce n’est pas parce que l’on veut apporter un maximum d’aide aux patients en difficulté qu’on doit le faire en transmettant de fausses données sur leurs compétences ou leurs difficultés.
Deuxième remarque : A votre connaissance, parmi la population qui présente un HPI et qui présente également des difficultés psychologiques, y a-t-il des études qui mettent en lien chez les patients leur potentiel intellectuel et leurs souffrances psychologiques ? Autrement dit : y-compris dans la population du biais d’échantillonnage, est-ce que la problématique de la souffrance psychologique et d’anxiété est associée, dans le discours du patient ou dans les faits qui concourent à son mal être, à leur Haute efficience intellectuelle ?
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